David et Bethsabée dans les livres d’heures

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La peinture de David qui aperçoit Bethsabée de sa fenêtre est l’un des thèmes récurrents des livres d’heures du quinzième et du seizième siècle siècle. Tandis que l’on aperçoit le roi David à sa fenêtre, Bethsabée prend son bain, nue.

Pour David, c’est le coup de foudre. Il envoie un message à la belle qui vient le rejoindre. C’est l’épouse délaissée de ses officiers. Ils s’aiment. De cet amour interdit la belle vient à devenir grosse d’un fils illégitime. David va essayer de camoufler cette naissance en faisant revenir l’époux, qui, malheureusement, évite la couche de sa femme. David va s’arranger pour le faire mourir à la guerre.

David est pourtant destiné à Bethsabée qui deviendra sa femme. Mais cet amour interdit est une faute équivalente à celle du premier homme qui mangea la pomme. David doit expier cette faute. Le fils adultérin qu’il a eu de Bethsabée, meurt et David perd son trône: il est obligé de supporter des temps difficiles et malheureux qui viennent l’éprouver pendant de longues années. Finalement il va retrouver la sérénité, son trône, l’amour de Dieu et celui de sa femme, Bethsabée, qui va lui donner un fils légitime, Salomon.

Pourquoi cet épisode des relations entre David et l’épouse d’un autre, sujet scabreux s’il en est, est-il si souvent reproduit dans les livres d’heures ? Pourquoi ces livres d’heures, censés invoquer la prière et le pénitence, dessinent-ils ces courbes charmantes dans un langage corporel à la fois spontané et intuitif, mettant l’accent sur la capacité de la femme à procréer ?

Pourquoi ? Sinon pour diaboliser le charme pervers de la femme tentatrice ? Une femme que l’on peint avec tout l’art de la simplicité et de l’harmonie. Est-ce pour en illustrer les dangers ? Ou pour céder à ce charme décidément trop humain ?

Une peinture de l’éternel féminin ?

 Jean Colombe Heures de Louis de Laval 158r Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits, Latin 920

Jean Colombe Heures de Louis de Laval 158r Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits, Latin 920

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