Jean Colombe : Itinéraire d’un enlumineur berruyer prolifique

 

 

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Jean Colombe est un peintre berrichon du gothique finissant, protégé par la reine de France, Charlotte de Savoie, épouse du roi Louis XI, laquelle a assuré sa promotion auprès des grands seigneurs de la cour et auprès de son neveu le duc de Savoie dont il est devenu l’enlumineur officiel pendant quelques années. L’importance tout-à-fait exceptionnelle de son œuvre l’a conduit à travailler avec un atelier important, qui a contribué à disséminer son style, voire à susciter de nombreuses imitations chez les enlumineurs de son époque.

Un artiste berruyer

Jean Colombe naît à Bourges dans les années 1430 dans une famille d’artistes. Son père est sculpteur et son frère aîné, Michel Colombe, né en 1430 ou 1431, deviendra l’un des plus grands sculpteurs de la fin du XVème siècle. Jean Colombe apparaît pour la première fois dans les registres des archives communales[i] de Bourges, en 1463. Il a environ 30 ans et habite avec un certain Clément Thibaud, « escripvain de forme ». L’année suivante, il se marie et emménage en face de sa mère.

Quelle a été sa vie avant cette date ? Sans doute s’est-il formé à l’enluminure dans l’un des nombreux ateliers de la Porte Jaune à Bourges[ii] ? Mais sa proximité ultérieure avec Barthélemy d’Eyck, le peintre flamand officiel du Roi René d’Anjou, comte de Poitou, qui travaille régulièrement à Poitiers, suggère-t-elle que Jean Colombe ait complété sa formation auprès de ce dernier ?

Pour qu’il se marie en 1464, il faut en tout cas qu’à cette date, il puisse disposer de revenus réguliers. Il a donc probablement terminé sa formation artistique, il s’est sans doute installé à son compte et dispose de commandes fermes de la part de certains mécènes qui ont misé sur son talent.

Justement, il a été remarqué voici deux ans environ,  par Jean Cœur (1421-1483), le fils du richissime financier du roi Charles VII, archevêque de Bourges depuis 1446.  Ce dernier lui a confié des travaux d’enluminure importants et notamment un livre d’heures et un livre des Offices pontificaux.  Cet ouvrage, MS 49, intitulé Missel à l’usage de Bourges, conservé à New York à la Pierpont Morgan Library, est un vrai missel d’où les préoccupations extra-religieuses sont absentes, avec de petites enluminures et une répétition fréquente des armes de Jean Cœur avec sa devise : « Morir covient sovent advient et n’en sovient ».

Missel des Offices pontificaux G 49 Folio 124 v Jean Colombe Pierpont Morgan Library

Missel des Offices pontificaux G 49 Folio 124 v Jean Colombe Pierpont Morgan Library

Devise de l archeveque Jean Coeur G49 Folio 124v Détail Missel des Offices pontificaux  Jean Colombe Pierpont Morgan Library New York

Devise de l archeveque Jean Coeur G49 Folio 124v Détail Missel des Offices pontificaux Jean Colombe Pierpont Morgan Library New York

Très rapidement après il enchaîne avec Barthélémy d’Eyck le cycle du « Mortifiement de vaine plaisance » conçu par René d’Anjou.

Le Mortifiement de Vaine plaisance

C’est en 1455, que le roi de Naples, duc d’Anjou, comte de Provence et de Poitou, René d’Anjou compose cette allégorie morale, dédiée à son confesseur, Jean Bernard, archevêque de Tours entre 1441 et 1466.

Il vient de perdre son épouse Isabelle de Lorraine, en février 1453. Inconsolable, malgré son remariage dès l’année suivante à Angers avec Jeanne de Laval, il rédige en 1455 le « Mortifiement de vaine plaisance », qui s’inscrit pleinement dans les préoccupations spirituelles de la chevalerie. On lui connaît aussi « Le Livre des tournois » et « Le Cœur d’amour espris ».

Ce poème allégorique, débat entre l’âme et le cœur, invite l’homme à renoncer aux désirs toujours insatisfaits du cœur pour se tourner vers ceux que peut combler la présence divine.

Jean Colombe aurait, d’après François Avril[iii],  pris la suite de Barthélémy d’Eyck, mort en 1470 :

  • sur les miniatures du manuscrit l n°MS1486 de la Bibliothèque Municipale de Metz, laissées par ce dernier dans un état très avancé. Ce manuscrit qui aurait appartenu au Roi René, a été démantelé au XVIIIème siècle : sur les sept miniatures initiales, il n’en reste que cinq (voir l’article sur la restauration de ce manuscrit );
  • sur le manuscrit ébauché par le peintre flamand, le peintre berruyer aurait, plus librement composé les huit grandes miniatures du manuscrit de la Fondation Martin Bodmer (Cod. Bodmer 144) sur le site e-codices.

Le livre d’heures de Jean Robertet

Ce livre d’heures de la Pierpont Morgan Library (MS M.834), a peut-être été initialement commandé pour Antoine Raguier, trésorier des guerres du roi Charles VII, car ses initiales, « AR » apparaissent à plusieurs reprises.

Selon François Avril, qui s’est basé essentiellement sur des différences stylistiques,  le manuscrit, confié initialement à Jean Fouquet, aurait été réalisé en deux étapes. Dans une première, jusqu’à 1465, Jean Fouquet et son atelier auraient réalisé neuf miniatures, avant d’interrompre leur travail.

Le martyr de Saint Sebastien Heures de Jean RobertetMS M.0834, fol. 095r Bourges, France, ca. 1470 Pierpont Morgan Library

Le martyre de Saint Sebastien Heures de Jean RobertetMS M.0834, fol. 095r Bourges, France, ca. 1470 Pierpont Morgan Library

Après la mort d’Antoine Raguier, en 1468, le manuscrit est acquis par Jean Robertet, un fidèle des ducs de Bourbon, passé au service du roi Louis XI, qui le fait achever vers 1470, d’après François Avril. On appelle alors Jean Colombe, qui s’est déjà fait remarquer dans une œuvre analogue auprès du roi René d’Anjou.  Peut-être que Jean Fouquet a recommandé Jean Colombe pour achever ce travail que l’emploi du temps du Maître ne lui permettait plus d’assurer ?

 

C’est l’opportunité, assurément pour Jean Colombe, de pénétrer la clientèle des grands seigneurs du roi de France.

Les Heures de Louis de Laval

Ce livre d’heures va faire entrer Jean Colombe dans le cercle très fermé des grands enlumineurs du quinzième siècle.

Car le manuscrit est l’œuvre la plus ambitieuse qui soit jamais sortie de l’atelier de Jean Colombe et l’une des plus ambitieuses de toute l’histoire du manuscrit à peintures. Faut-il y voir la marque de son commanditaire ?

Ms Latin 920 Heures de Laval   Folio 265r BNF

Heures de Louis de Laval Ms Latin 920 Folio 265r BNF

Louis de Laval (1411-1491) est, un vieux compagnon d’armes de Charles VII, qui a servi successivement le duc de Bretagne dont il est un des plus grands vassaux, le roi Charles VII et son fils, Louis XI, toute sa longue carrière. Il accompagne en Dauphiné, le dauphin, chassé de la cour à la suite de l’attentat contre Jeanne Sorel et  il en devient le gouverneur. Mais il se raccommode avec le roi un peu plus tard. Lors de son avènement en 1463, Louis XI ne tient apparemment pas rigueur à Louis de Laval qui devient un serviteur de confiance à qui l’on confie les missions les plus délicates. Dans sa politique à l’égard de la Bretagne le roi a besoin de s’appuyer sur quelques grands féodaux, vassaux du duc.

Louis de Laval est surtout un bibliophile passionné qui prend à son service Jean Colombe à l’instar de Sébastien Mamerot, qu’il a pris comme chapelain.

Les rois mages 116v Ms Latin 920 Heures de Laval  BNF

Les rois mages 116v Ms Latin 920 Heures de Laval BNF

Qu’on imagine : sur les six cent quatre-vingt-quatre pages de ce livre d’heures, il y a pas moins de mille deux-cent-trente-quatre enluminures, grandes et petites, qui constituent pour François Avril et Nicole Reynaud, « l’un des plus riches corpus d’illustrations jamais réunies dans un livre d’heures ».

Une inscription à la fin du volume, poursuit François Avril, de la main de François Robertet, serviteur des ducs de Bourbon, rappelle que le livre fut remis à Anne de France, Régente de France, à la mort de Louis de Laval, conformément à ses dernières volontés. C’est dire combien ce livre était précieux aux yeux de son possesseur.

Les trois morts et les trois vifs Heures de Louis de Laval folio 190 r Ms Latin 920 BNF

Les trois morts et les trois vifs Heures de Louis de Laval folio 190 r Ms Latin 920 BNF

Claude Schaefer, le grand médiéviste, a mis en lumière deux étapes au moins de fabrication dont la première, en 1470-1475,  concerne le livre d’heures, au sens strict, correspondant aux folios 30 à 342 est confiée à deux artistes différents. Le premier, qui a respecté strictement le plan de mise en page prévu pour le manuscrit consistant à intégrer dans chaque miniature, à la manière de Jean Fouquet,  deux ou trois lignes de texte, peut être attribué à un artiste tourangeau, le Maître du missel de Yale (folios 300 à 312). Puis, Jean Colombe achève le programme primitif. Il a choisi l’option d’exiler sur les bordures du cadre les premiers mots de chaque prière, pour disposer plus librement de toute la surface à peindre.

Le style de Colombe, nous dit François Avril, manque encore d’aisance et de souplesse, son coloris est plus intense, sa technique, plus serrée, autant d’indices qui incitent à placer ces miniatures assez tôt dans sa carrière. Dans cette phase du manuscrit, Jean Colombe apparaît particulièrement impressionné par l’art de Jean Fouquet qu’il interprète cependant dans un sens plus monumental. Un autre peintre, de l’atelier de Jean Fouquet a été commis aux visages, notamment celui du cycle des sibylles (folios 17 à 29).

La Tarasque 317v Ms Latin 920 Heures de Laval  BNF

La Tarasque 317v Ms Latin 920 Heures de Laval BNF

Le motif de la tarasque, spécifiquement provençal est une surprise dans ce manuscrit des Heures de Laval car Jean Colombe n’est jamais allé en Provence. En revanche, Barthélémy d’Eyck y a fait de fréquents séjours. Jean Colombe aurait-il repris un croquis de Barthélémy d’Eyck ?

Ce premier stade du manuscrit qui porte l’empreinte du style de Jean Fouquet, a dû être réalisé à Tours, ville royale. C’est donc dans cette ville que Jean Colombe a, peut-être, été remarqué par la reine Charlotte de Savoie, épouse du roi Louis XI, ce qui daterait la rencontre avec celle qui devait devenir sa grande protectrice, au début des années 1470.

 Jean Colombe Heures de Louis de Laval 158r Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits, Latin 920

Jean Colombe Heures de Louis de Laval 158r Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits, Latin 920

Au cours des années 1480, le programme iconographique est, d’après François Avril, profondément modifié, avec l’intégration d’un cycle d’illustrations bibliques. Dans cette étape du manuscrit, la quasi-totalité des peintures sont de la main de Jean Colombe, arrivé à maturité. Son style s’est infléchi avec davantage de rondeur, un modelé plus subtil et des volumes plus moelleux, mais aussi moins de fini et moins d’intensité dans les couleurs.

Le double parrainage de Jean Fouquet et de Barthélémy d’Eyck, et le chantier des heures de Laval, propulsent Jean Colombe parmi les Maîtres recherchés, dans les années 1470. Pour honorer ses commandes qui ne cessent de s’accumuler, il est dans l’obligation d’étoffer son atelier à Bourges et de faire travailler ses aides  sous son étroite surveillance.

Louis de Laval, qui est devenu son plus grand admirateur, lui confie bientôt de nouveaux projets d’enluminure sur des ouvrages non religieux.

Les Passages d’Outremer et l’Histoire des neuf preux

Sebastien Mamerot, le chapelain de Louis de Laval, est devenu en 1473, chantre et chanoine de Saint-Etienne de Troyes, alors que Louis de Laval est gouverneur de Champagne.

Il compose alors pour son maître une compilation sur les croisades et les expéditions chrétiennes pour la reconquête des lieux saints.

Passages d Outremer Ms 5594 Folio 33r BNF

Passages d Outremer Ms 5594 Folio 33r BNF

Ce n’est pas le premier ouvrage profane de Sébastien Mamerot. Peu de temps auparavant, il avait déjà composé pour son maître une « Histoire des neuf preux et des neuf preuses », pour lequel Jean Colombe avait réalisé neuf miniatures.

Quand Jean Colombe aborde en revanche, les soixante-six miniatures des Passages d’Outremer, il s’agit sans doute de son premier grand ouvrage profane. C’est également le premier ouvrage pour lequel il dirige une équipe de collaborateurs auxquels il impose ses propres conceptions artistiques et qu’il encadre de très près.

Passages d Outremer BNF 5594 Folio 193v

Jean Colombe Passages d Outremer BNF 5594 Folio 193v

L’œuvre littéraire est une compilation de divers récits, allant de la conquête légendaire de Jérusalem par Charlemagne à la bataille de Nicopolis en 1396 et au siège de Constantinople de 1394 à 1402. Un dernier texte fut ajouté, a posteriori, en tête de l’ouvrage. Il s’agit de la traduction en français d’une lettre du sultan Bajazet II envoyée, de Constantinople le 4 juillet 1488, au roi Charles VIII.

Quant à « l’histoire des neuf preux et des neuf preuses », le thème s’est développé sur tout le bas Moyen-Age, après la publication, au début du XIVème siècle,   des « Vœux du paon » de Jacques de Longuyon, roman qui s’inscrit dans le vaste ensemble que constitue la geste d’Alexandre le Grand. L’auteur y établit le concept de neuf héros réels ou supposés, un thème qui va bientôt susciter des imitations. Entre 1373 et 1387, un officier au Parlement de Paris, Jehan Le Fèvre,  a peut-être composé le « Livre de Lesce » qui propose à son tour neuf preuses, réelles ou supposées. Ce thème va connaître un succès poétique et iconographique, grâce à de nombreuses illustrations par la peinture, la gravure, voire la sculpture[iv].

Passages d Outremer Ms 5594 Folio 44v BNF

Jean Colombe Passages d Outremer Ms 5594 Folio 44v BNF

Jean Colombe a également travaillé, toujours en partenariat avec Sebastien Mamerot, à l’illustration du “Romuleon“, une traduction en français par le chapelain de Louis de Laval (BNF 364), entreprise en 1466 et terminée dans les années 1470. Mais Jean Colombe est intervenu beaucoup plus tard, vers 1485-1490, dans les dernières années de Louis de Laval. Avec ses 126 illustrations, il s’agit pour Jean Colombe, du plus ambitieux programme iconographique sur un livre profane.

Le Romuleon BNF 364 Folio 308v Jean Colombe

Le Romuleon BNF 364 Folio 308v Jean Colombe BNF

C’est une œuvre en latin rédigée par un auteur italien du XIVème siècle,  Benvenuto da Imola (1337-1388). Il s’agit pour Benvenuto, nous dit Frédéric Duval[v], « de constituer des dossiers à partir de sources essentiellement antiques, très peu médiévales et parfois contemporaines, qu’il compile et réécrit en un style homogène. Son ambition est de fournir en latin un ouvrage sérieux (il indique ses sources), édifiant (le patriotisme italien y est exalté à travers la célébration des vertus romaines), et accessible au plus grand nombre (style « brevis » et « humilis ») ».

Le Romuleon BNF 364 Folio 194r Jean Colombe

Le Romuleon BNF 364 Folio 194r Jean Colombe BNF

Ce manuscrit, composé initialement pour Louis de Laval, a été perdu. L’ouvrage de la BNF est une copie, réalisée pour l’amiral de Graville, chambellan du roi Louis XI et l’un  des principaux conseillers de la couronne de Louis XI puis d’Anne de Beaujeu.

Ecoutons François Avril nous parler, avec sa verve, du style des miniatures de cet ouvrage : « mettant à profit toute la surface disponible des feuillets à illustrer, Jean Colombe et ses collaborateurs, ont adopté le parti de scinder chaque image en deux éléments, dans lesquels le texte se trouve enclavé. C’est ce parti de composition qui leur a permis de déployer dans de vastes paysages aérés, les troupes innombrables qui, dans une multiplication quasi biologique, déferlent et se répandent sur les moindres accidents de terrain, dans des espaces distendus qui renforcent le caractère visionnaire des évènements historiques représentés ».

Jean Colombe qui réalise des allers et retours depuis Tours jusqu’en Champagne, où il vient rendre compte à Louis de Laval, gouverneur de Champagne, de l’avancement de ses divers travaux et se faire payer, passe régulièrement par Troyes.

Une commande de la bourgeoisie provinciale : le livre d’heures des Le Peley

La ville de Troyes a connu son apogée au XIIe siècle, lorsqu’elle était la capitale rayonnante des comtes de Champagne, le siège d’une des principales foires commerciales d’Occident, mais aussi le centre d’une vie littéraire, artistique et religieuse de premier ordre, que symbolisent les noms de Chrétien de Troyes, de saint Bernard, d’Héloïse et Abélard, … [vi]

Après une période de déclin relatif, Troyes a connu un nouvel essor à la fin de la guerre de Cent Ans. Une nouvelle bourgeoisie composée de marchands, de monnayeurs et d’hommes de loi a alors construit des hôtels particuliers, embelli les églises, et commandé des manuscrits enluminés, soit à des artistes installés à Troyes, soit à des peintres originaires d’autres villes. Parmi les grandes familles troyennes qui ont joué le rôle de mécènes, on peut citer les Boucherat, les Liboron, les Mauroy, et surtout les Molé et les Le Peley.

A l’occasion des visites à son mécène, Jean Colombe rencontre également les représentants de la grande bourgeoisie troyenne et, les plus importants d’entre eux, les Le Peley, famille pour laquelle il réalise le livre d’heures de la Médiathèque de l’Agglomération Troyenne (ms. 3901). Il réalisera également pour cette famille une Histoire de Jules César, conservée à la BNF (MS 22540).

Jean Colombe Faits des Romains aux armes de la famille Le Peley Ms Français 22540 Folio 1r BNF

Jean Colombe Faits des Romains aux armes de la famille Le Peley Ms Français 22540 Folio 1r BNF

Jean Colombe va également travailler, plus de dix ans plus tard (vers 1485-1490) pour une autre famille bourgeoise de Troyes, les Molé, pour laquelle il va produire un Livre d’heures à l’usage de Troyes (Livre d’heures de Rodez[vii], don de Pierre Giraud, en 1837, à la société des lettres, sciences et arts de l’Aveyron), co-réalisé, ce qui est inhabituel, par un artiste lyonnais de l’atelier de Guillaume Lambert.

L’enlumineur de la reine Charlotte de Savoie

Les nombreux travaux réalisés pour Louis de Laval, dont on connaît les goûts de bibliophile, ont attiré sur Jean Colombe, le regard d’une autre bibliophile, la reine Charlotte de Savoie[viii], épouse de Louis XI.  Jean Colombe est alors installé à Bourges, avec tout son atelier.

Charlotte de Savoie n’a jamais connu le bonheur aux côtés du roi Louis XI, pas plus que la première épouse de ce dernier, Marguerite d’Ecosse, morte en 1445 à l’âge de vingt-et-un ans. Louis XI n’aurait jamais pardonné à Charlotte de s’être vu imposer ce mariage, négocié par l’entremise du duc de Bourgogne, alors que le dauphin, sans argent ni revenus, était hébergé à la cour de Bourgogne. Au moment de son mariage, en 1451, la dauphine n’a que six ans et le futur Louis XI devra attendre six ans encore, avant de pouvoir consommer son mariage, délai dont il se console en consommant les revenus de sa dot.

Louis XI va tenir Charlotte de Savoie à l’écart de toute vie politique. La reine va vivre à partir de 1469, à  Amboise avec ses enfants, à l’exception de Charles VIII qui lui est enlevé par le roi et de Jeanne de France, placée par Louis XI auprès de l’un de ses serviteurs, François de Lignières (voir sur ce Blog l’article sur la procédure en annulation du mariage de Louis XII), qui va élever Jeanne de France, avec son épouse, Anne de Culan.

Charlotte que Louis XI tient éloignée du château de Plessis-les-Tours, vit à Amboise où elle s’occupe de donner à sa fille Anne de France, une solide éducation, tout-au-moins jusqu’à l’année 1474, date du mariage de cette dernière avec Pierre de Beaujeu, proche conseiller de Louis XI et frère cadet du duc Jean II de Bourbon. La bibliothèque que la reine commence à réunir au château d’Amboise, sera la première contribution à la bibliothèque d’Amboise (qui rejoindra sous Louis XII la librairie royale au Château de Blois). Car Charlotte est éprise de beaux livres, comme nombre de ses contemporains et elle commence à faire travailler des enlumineurs du Val de Loire[ix].

« Dans l’inventaire de Charlotte de Savoie, figurent une centaine de manuscrits, non compris une trentaine de volumes dont elle avait hérités du roi Louis XI, et qu’elle avait fait déposer dans un coffre de cuir noir pour être remis à son fils Charles VIII », nous dit l’archiviste Louis Thuasne. Il poursuit en notant que, parmi la librairie réunie par la reine Charlotte à Amboise, seuls cinq volumes se retrouvent aujourd’hui à la Bibliothèque nationale : les autres ont été soit perdus, soit dispersés.

Charlotte de Savoie est surtout préoccupée d’ouvrages de pratique dévotionnelle pour elle ou ses enfants, qu’elle fait enluminer.

Est-ce à l’occasion du mariage d’Anne de France, que Jean Colombe produit les « Heures d’Anne de France », datées de 1474 par la Pierpont Morgan Library ?

Adam et Eve MS 677 Folio 48 Heures Anne de Beaujeu Jean Colombe Pierpont Morgan Library

Adam et Eve MS 677 Folio 48 Heures Anne de Beaujeu Jean Colombe Pierpont Morgan Library

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Video sur les Heures d’Anne de France Jean Colombe 1474 Video YouTube

Est-ce à l’occasion de la préparation de ce livre d’heures d’Anne de France, que la reine Charlotte de Savoie va adresser au gouverneur du Berry, Imbert de Batarnay, comte du Bouchage, la célèbre lettre[x] lui demandant d’intercéder au profit de Jean Colombe ?

Imbert de Batarnay, d’une famille du Dauphiné, est alors le tout puissant conseiller et favori de Louis XI, qui l’a couvert d’honneurs et de récompenses. La reine réside à Amboise, depuis 1469, jusqu’à sa mort en 1483. La lettre est rédigée par le secrétaire de la reine, René Tardif, qui figure sur l’état des officiers domestiques, de 1469 à 1479. La lettre, non datée, a donc été rédigée entre ces deux dates.

« De par la Royne

 Monsieur du Bochaige, j’au ung povre enlumineur à Bourges, nommé Jehan Colombe ; par plusieurs fois ay escript et prié à ceulx de la ville  que, en ma faveur, ilz le tensissent exempt des charges de ladite ville ; ce neanmoins ilz le contraignent de faire le guet et la porte, par quoy il ne peut vacquer en mes affaires. Je vous prie que en vueillez escrire a ceulx que verrez estre afaire, car je suis lasse de plus les requerir. Et croyez que me ferez ung bien singulier plaisir, se vous le faictes descharger desdites charges, car il me fait beaucoup de services. Et a Dieu Monsieur du Bochaige qui vous doint ce que desirez. Escript a Amboise le xiième jour de juing. Charlote. Rene Tardif ».

Quels sont les travaux en cours confiés par la reine au « povre enlumineur » ?

Il y a d’abord l’illustration d’un opuscule en français sur « La Vie de Jhesu Crist», de Ludolphe de Saxe (« De vita Christi »  BNF Français 407) et un ouvrage, « les Douze Périls d’Enfer » (BNF, fr. 449).

De Vita Christi Folio 1r Francais 407 BNF

La vie de Jesus Christ Folio 1r Francais 407 BNF

Ce dernier manuscrit, en français, a été traduit du latin, par Robert Blondel, poète, historien et moraliste normand, nommé en 1453, précepteur de Charles, duc de Normandie, frère puîné de Louis XI. Blondel a effectué ce travail  pour la reine Marie d’Anjou, épouse de Charles VII et mère de Louis XI, un ouvrage que cette dernière a probablement offert à sa belle-fille, Charlotte de Savoie.

Mais il y probablement d’autres livres d’heures sur lesquels elle fait travailler l’enlumineur prolifique, que l’on retrouve aujourd’hui à la Pierpont Morgan Library à New York et dont l’illustration est attribuée à Jean Colombe ou à son atelier.

Il y a notamment dans l’inventaire de la reine Charlotte un livre de Boèce, Consolation de la philosophie. Est-ce l’exemplaire figurant à la British Library enluminé par Jean Colombe ?

Boece Consolation de la philosophie British Library Jean Colombe

Boece Consolation de la philosophie British Library Jean Colombe

En quelques années, Jean Colombe, tout en continuant à faire travailler son atelier sur les commandes de plusieurs clients simultanés,  devient l’enlumineur attitré de la reine, qui a en lui une totale confiance.

Un manuscrit bien mystérieux

A la mort de Charlotte, quelques mois après son époux, l’inventaire révèle l’existence,  d’une trentaine de manuscrits offerts par le roi Louis XI à sa femme et que celle-ci destine à son fils, le futur Charles VIII. Ce qui signifie que le roi Louis XI avait pris l’habitude d’offrir à son épouse, en pleine propriété, des livres appartenant à la couronne.

Il y a, parmi cette trentaine de manuscrits mystérieux, un ouvrage particulièrement rare et précieux qui, selon l’hypothèse émise par Nicole Reynaud, pourrait avoir été légué par la reine à son neveu, le duc Charles 1er de Savoie. Car on sait que le manuscrit figurait précédemment dans les biens de la Couronne et on le retrouve quelques années plus tard dans ceux des ducs de Savoie. Il n’a pu arriver en Savoie que via un legs tout à fait officiel, dont l’histoire n’a conservé, à ce jour, aucune trace. Il s’agit du manuscrit des « Très riches heures du duc de Berry ».

Ce manuscrit est conservé sous forme de cahiers non reliés dans une caisse en bois et il est encore inachevé avec de nombreuses pages blanches qui attendent leurs illustrations. La reine souhaite probablement le faire achever. Mais un tel travail coûte cher et les budgets de la reine sont limités par le roi. Qui pourrait prendre à sa charge le coût de l’achèvement de l’ouvrage ? Quelle est l’importance d’un manuscrit non terminé pour le roi Louis XI ? En-a-t-il fait cadeau à la reine pour qu’elle recrute un enlumineur, comme elle ne cesse de le faire depuis une dizaine d’années ?

La reine songe alors à son neveu Charles, duc de Savoie, qui, justement, recherche, dans les années 1480, un enlumineur pour terminer les illustrations d’un ouvrage de la cour de Savoie, commencé par un artiste du début du quinzième siècle, Jean Bapteur, et resté inachevé[xi]. Elle lui présente Jean Colombe. Ce dernier a l’expérience de l’achèvement de manuscrits commencés par d’autres peintres et laissés inachevés : n’a-t-il pas pris le relais de Barthélémy d’Eyck puis de Jean Fouquet, au début de sa carrière, il y a une dizaine d’années ?

L apocalypse Figurée des ducs de Savoie Escurial (E. Vit. 5) Jean Colombe

L’apocalypse Figurée des ducs de Savoie Escurial (E. Vit. 5) Jean Colombe

Jean Colombe va immédiatement s’atteler au travail de “l’Apocalypse figurée des ducs de Savoie“, aujourd’hui à l’Escurial et dont les trente premières illustrations ont été réalisées par le peintre suisse Jean Bapteur, un enlumineur de Saint-Claude en Franche-Comté, Peronet Lamy, ayant réalisé les bordures et les encadrements.  Les auteurs italiens de l’article cité en note xi, ont produit « un extrait des comptes des trésoriers généraux de Savoie de 1482, constatant que Jean Colombe, enlumineur ducal, s’employait à faire les miniatures du manuscrit de l’apocalypse ».

Voilà donc l’intervention de Jean Colombe en Savoie, datée précisément. Il travaille sur l’achèvement de l’Apocalypse figurée des ducs de Savoie, depuis au moins 1482, si ce n’est un an plus tôt.

Au moment de la mort de Charlotte de Savoie, en décembre 1483, Jean Colombe est devenu l’enlumineur officiel de la cour de Savoie pour un manuscrit très important symboliquement, puisque l’Apocalypse a été commandée initialement par le premier duc de Savoie, Amédée VIII, élu pape (antipape) par le concile de Bâle sous le nom de Felix V (1439-1449).

L’itinéraire atypique d’un grand manuscrit

Comment se fait-il que ce manuscrit essentiel des ducs de Savoie soit aujourd’hui à l’Escurial (E. Vit. 5) ? L’itinéraire a été reconstitué par Paul Durrieu dans un article sur les Manuscrits d’Espagne les plus remarquables[xii].

L’Apocalypse figurée est achevée depuis plus d’une dizaine d’années quand Philibert II de Savoie, le jeune frère de Louise de Savoie, donc l’oncle de François 1er, épouse Marguerite d’Autriche, qui va rapidement tomber éperdument amoureuse de son ami de jeunesse, car Philibert, sa sœur, Louise et Marguerite d’Autriche ont été élevés ensemble à Amboise, où Marguerite était destinée à épouser Charles VIII. Le mariage ne s’est pas fait car Anne de France, régente, à la suite du soulèvement organisé par Anne de Bretagne, a préféré unir la duchesse bretonne à la couronne de France.

Marguerite d’Autriche vit les trois plus belles années de sa vie avec le beau Philibert, qui meurt trois ans plus tard. Inconsolable, la jeune veuve retourne à Malines, en emportant une vingtaine de volumes, les plus beaux de la collection de Savoie.

Parmi ces volumes, il y a « l’Apocalypse figurée » et « les Très riches heures du duc de Berry » (voir l’article sur ce Blog sur le Mystère de l’influence des Très riches heures sur l’art flamand est-il résolu ?).

A la mort de Marguerite d’Autriche en 1530, les Très riches Heures sont restituées à la Savoie (elles seront acquises au XIXème siècle par le duc d’Aumale à Gênes). Quant au reste des livres de Marguerite d’Autriche, une fraction retournera directement auprès de la famille royale en Espagne et une autre fraction échoira en héritage à Marie de Hongrie, la sœur cadette de Charles Quint, élevée par Marguerite d’Autriche, qui avait pour elle une grande affection. Marie de Hongrie, à son tour, instituera  à son tour pour légataire, le roi d’Espagne, qui confiera à l’Escurial ces précieux manuscrits.

L’achèvement du manuscrit des “Très riches heures du duc de Berry”

Cette histoire est déjà racontée dans un autre article de ce Blog, déjà cité. Selon l’hypothèse de Nicole Reynaud, la reine Charlotte aurait légué le précieux manuscrit, encore inachevé, à son neveu Charles, duc de Savoie.  Sans doute l’expérience de l’achèvement de l’Apocalypse figurée a-t-elle dû l’inspirer ? Car la problématique est la même. Qui mieux que Jean Colombe pourrait achever ce magnifique manuscrit ?

Est-il possible que Charlotte de Savoie ait légué à son neveu cet ouvrage sous condition de le faire achever par Jean Colombe, l’enlumineur officiel de la cour de Savoie ?

Ce n’est cependant que deux ans plus tard, en 1485, que Jean Colombe se met au travail. Pourquoi un tel délai ? Peut-être l’Apocalypse n’est-elle pas terminée en 1483 et le duc attend-il de recevoir un manuscrit achevé pour en commencer un autre ? Peut-être sont-ce les deux autres manuscrits que sont “l’histoire de Merlin” et “l’histoire du Graal” (Manuscrit n°9246 de la Bibliothèque Royale de Belgique à Bruxelles), commencées sur commande du cardinal Jean Louis de Savoie et que Jean Colombe a été chargé d’achever, après sa mort, par le neveu du cardinal, Charles, Duc de Savoie ?

Ce qui est certain, c’est que le travail de Jean Colombe  sur les « Très riches heures » (27 grandes illustrations et 40 petites) va être apprécié du duc de Savoie.

Le partenariat avec des ateliers Lyonnais d’enluminure

Depuis 1482, Jean Colombe se rend périodiquement depuis Bourges en Savoie, sans doute en passant par Lyon. Il lui faut sans doute se concerter régulièrement avec le duc sur l’avancement de ses différents chantiers.

Car Jean Colombe est maintenant très demandé. Après les Le Peley, à Troyes, voici désormais les Molé qui demandent, qui exigent, du Jean Colombe. Pas facile de dégager des espaces disponibles dans des ateliers à la limite de la rupture. Il faut trouver de nouveaux modes d’organisation. C’est sans doute ce qui motive ces “Heures à l’usage de Troyes“, ou “Livre d’heures de Rodez” (don de Pierre Giraud, Evêque de Rodez, en 1837, à la société des lettres, sciences et arts de l’Aveyron), qui sont réalisées dans un atelier lyonnais, celui de Guillaume Lambert.

François Avril note que le style des quinze miniatures peintes par Jean Colombe est celui des dernières années de l’artiste. Elles ont été probablement réalisées à Lyon, lors d’un déplacement du peintre vers la Savoie.

Le site de présentation du Livre d’heures de Rodez (Musée des Augustins à Toulouse) note que le partenariat entre Jean Colombe et l’atelier de Guillaume Lambert s’est renouvelé au moins une fois, avec le manuscrit Ms 148 de la Bibliothèque Municipale de Besançon.

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Les archives du cher permettent de suivre Jean Colombe jusqu’à l’année 1493, sans doute celle de sa mort. Il avait à cette date, cessé toute activité depuis deux ans. Les nombreux ouvrages qui lui sont attribués au-delà de cette date, ne peuvent donc provenir que de son atelier, par exemple le “Livre d’heures de Louis d’Orléans” conservé à la Bibliothèque Nationale de Russie à Saint Petersburg (Lat.O.v.I.), voire de ses enfants (Philibert Colombe “Histoire de la destruction de Troie la grand” BNF Ms 24920) ou de ses petits-enfants (François Colombe).

Heures de Louis d'Orleans Jean Colombe ou atelier Bibliothèque Nationale de Russie à Saint Petersburg

Heures de Louis d’Orleans Jean Colombe ou atelier Bibliothèque Nationale de Russie à Saint Petersburg

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[i] Jean Yves Ribault, Directeur des services d’Archives du Cher,  « Les Colombe, une famille d’artistes à Bourges au XVe siècle »

[ii] Expo L’expo “France 1500” à Paris et les frères Colombe, site Femmes en Berry.

[iii] Voir à ce sujet l’article Jean Colombe sur l’ouvrage de François Avril et Nicole Reynaud : « Les manuscrits à peintures en France (1440-1520) ». François Avril est le tout premier spécialiste européen des manuscrits médiévaux. Il a fait toute sa carrière à la BNF qu’il a quittée pour prendre sa retraite.

[iv] Sur toutes ces questions, voir l’article d’Anne SalamonÉcrire les vies des Neuf Preux et des Neuf Preuses à la fin du Moyen Âge : étude et édition critique partielle du Traité des Neuf Preux et des Neuf Preuses de Sébastien Mamerot (Josué, Alexandre, Arthur ; les Neuf Preuses).  Cet ouvrage est conservé à la Österreichische Nationalbibliothek (cod. 2577-2578) à Vienne en Autriche.  ’

[v] Frédéric Duval. La traduction du « Romuleon » par Sébastien Mamerot étude sur la diffusion de l’ histoire romaine en langue vernaculaire la fin du Moyen Age  Genève DROZ 2000.

[vi] Voir le très intéressant article de la Médiathèque de Troyes : « Le livre d’heures à l’usage de Troyes des Le Peley, enluminé par Jean Colombe ».

[vii] Voir à ce sujet l’article très complet sur « Les heures de Jean Molé ».

[viii] Sur Charlotte de Savoie, voir la biographie dans l’article Charlotte de Savoie de la  Biographie universelle (Michaud) ancienne et moderne, Volume 7.

[ix] L’inventaire de la reine Charlotte de Savoie est décrit dans un petit opuscule intitulé «  Inventaire des biens de Charlotte de Savoie, reine de France, (1483) » par A.Tuetey archiviste 1865. 

[x] Voir à ce sujet la « Note sur Jean Colombe, enlumineur » par Louis Thuasne, Paris 1904, sur Internet Archive

[xi] A. Vesme et F. Carta. I miniatori dell’ « Apocalisse » dell’ Escuriale : Bibliothèque de l’école des chartes, Année 1901, Volume 62, Numéro 1.

[xii] “Manuscrits d’Espagne remarquables principalement par leurs peintures et par la beauté de leur exécution” Bibliothèque de l’école des chartes. 1893, tome 54. pp. 251-326. Durrieu Paul.

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Commentaires

  1. vignette a écrit

    Monsieur,

    Je viens de lire votre article sur Jean Colombe, très intéressant, et je voulais avoir des renseignements sur la lettre qu’a “écrit” Charlotte de Savoie en faveur de Jean Colombe.
    Je cherche où se trouve aujourd’hui cette lettre? Dans quelles archives ? Et comment avez-vous pu obtenir cette retranscription ?

    Merci par avance de votre réponse.

    Bonne journée,
    Soizik

    • GRATIEN a écrit

      Bonjour Monsieur,

      Je ne cite aucun document sans citer la source. Vous trouverez votre information dans la note X avec un lien direct sur le document que vous pourrez télécharger.

      Bien cordialement
      Gratien

    • GRATIEN a écrit

      Bonsoir Monsieur

      Votre question m’a poussé à faire quelques recherches qui n’ont pas abouti: j’ignore dans quelles archives se trouve cette note. Je suppose que la BNF doit en avoir un exemplaire car elle dispose d’une copie de tout ce qui est imprimé en France. Je vous recommande donc de contacter la BNF en leur fournissant tous les détails sur l’opuscule.

      Pour répondre à la question de savoir où est archivé l’opuscule sur Archive.org, il faut que vous leur posiez la question sur leur site. Ils vous apporteront la réponse car tous les documents comportent l’origine de l’institution ayant scanné le doc.

      Bien cordialement
      Gratien

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