L’aile Louis XII du château de Blois : la Renaissance au goût français

 

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Pourquoi les rois de France se sont-ils exilés en Val de Loire pendant deux siècles, de l’aube du quinzième à la fin du XVIème ? Pourquoi, étant partis de Paris, n’y sont-ils pas revenus ? Cette question, tout le monde se l’est posée sans trouver une réponse satisfaisante. En réalité, la réponse est toute simple. Ils ont été forcés de partir par les circonstances et ils ont fait souche dans le val de Loire.

La guerre de cent ans : l’exil des rois de France en val de Loire

L’histoire et les causes de l’exil du futur roi  Charles VII à Bourges sont contées dans ce Blog (article sur le Parlement de Poitiers). En résumé, dans la nuit du 28 au 29 mai 1418,  les troupes bourguignonnes s’emparent de Paris par trahison. Le prévôt de Paris, Tanguy du Chatel, n’a que le temps de s’emparer du jeune Charles de Ponthieu, âgé de quinze ans et de l’exfiltrer à Melun. L’échec de la reprise de Paris, le lendemain, va provoquer le massacre des Armagnacs par la population de Paris, déchaînée. Paris, ivre de tueries, va massacrer impitoyablement tout ce qui est déclaré Armagnac, y compris par les maris jaloux et les mauvais payeurs.  Cet évènement va laisser un douloureux souvenir au jeune Charles de Ponthieu.

Où se réfugier en quittant Paris ?

Il se trouve que Charles est devenu le dauphin en titre l’année précédente, par la mort, coup sur coup, en 1415 puis en 1417, de ses deux frères aînés. Or son frère aîné avait été nommé, du vivant du duc Jean 1er de Berry, comte de Poitou et Duc de Berry avec promesse d’hériter de son grand-oncle (le frère du roi Charles V son grand-père), de toutes ses possessions, et notamment du Berry. La mort du fastueux mécène, le 15 juin 1416, en fait l’unique héritier, héritage qu’il transmet naturellement à sa mort, à son frère cadet, Charles.

Or, le duc de Berry s’est signalé par une intense activité de constructions et notamment du palais ducal de Bourges et de sa résidence favorite, à Mehun-sur-Yèvre, qui viennent d’être réaménagés au goût du jour, en de fastueuses et confortables résidences.

Chateau de Mehun sur Yevre La tentation du Christ Folio 16v Tres riches heures du duc de Berry Manuscrit ms 65 ©Photo. R.M.N. / R.-G. OjŽda Musée Condé Chantilly

Chateau de Mehun sur Yevre La tentation du Christ Folio 16v Tres riches heures du duc de Berry Manuscrit ms 65 ©Photo. R.M.N. / R.-G. OjŽda Musée Condé Chantilly

Peut-être le dauphin croit-il à ce moment-là que son exil ne durera pas ? Mais bientôt, des nouvelles catastrophiques arrivent de Paris. En 1420, le désastreux traité de Troyes est signé: le roi d’Angleterre contrôle à nouveau la moitié de la France, la sœur de Charles, Catherine, épouse Henry V et le roi d’Angleterre doit devenir roi de France à la mort du roi fou, Charles VI. Le dauphin Charles serait-il dépossédé de la couronne de France ?

L’histoire se présente parfois  avec un humour noir : Henry V décède le 31 août 1422 au château de Vincennes, laissant un fils, le futur Henry VI et précédant de peu Charles VI qui meurt le 21 octobre 1422. Le futur roi d’Angleterre va régner en France par Régent interposé, le duc de Bedford, auquel le Parlement de Paris a prêté serment. Le roi de France par traité est alors indiscutablement  Henry VI. Mais ce roi étranger n’est pas accepté par une grande partie des seigneurs féodaux qui, petit à petit, se réunissent autour du dauphin à Bourges, où ils font construire de fastueuses résidences.

Suivra l’épisode de la reconquête d’Orléans par Jeanne d’Arc puis le sacre de Reims qui va permettre à Charles VII, le bien servi, de reconquérir la quasi-totalité de son royaume.

Quand il est à Bourges, le roi réside le plus souvent à Mehun-sur-Yèvre, qui est sa résidence favorite. Mais il commence à vivre également à Loches.

La résidence royale au château de Loches

Loches fait partie des domaines confisqués au roi d’Angleterre, Jean-sans-terre, par Philippe-Auguste, au début du XIIIème siècle, et rattachés à la Couronne.

Le roi Charles VII donne à sa favorite, Agnès Sorel, le château de Loches, le comté de Penthièvre en Bretagne, les seigneuries de La Roche-Servière et d’Issoudun en Berry et la seigneurie de Beauté sur Marne[i], qui donnera à la favorite son nom de Dame de Beauté.

Gravure de Claude Chastillon La tour de Beauté sur Marne

Gravure de Claude Chastillon La tour de Beauté sur Marne

A Loches, le roi réside au Logis royal, qui vient d’être réaménagé sous Charles V, dans le style gothique. C’est à Loches que Louis XI passe son enfance. Il gardera toute sa vie pour Loches un attachement profond. Lorsqu’il s’agira d’emprisonner des opposants politiques, il ne trouvera nulle meilleure prison que le donjon de Loches.

Vue du Logis royal de Loches la nuit Site Patrimoine Histoire

Vue du Logis royal de Loches la nuit Site Patrimoine Histoire

Plus tard, Anne de Bretagne fera de nombreux séjours à Loches, réaménagé dans le goût de la Renaissance Française par Louis XII.

La résidence royale de Louis XI au château de Plessis-lez-Tours

Dès son avènement, le roi Louis cherche à se rapprocher de Tours, ville natale de sa mère, Marie d’Anjou, fille de Yolande d’Aragon et morte en 1463. Il avait gardé pour sa mère un très profond attachement. Peu de temps après,  Louis XI achète pour 5 300 écus à Hardouin de Maillé, la seigneurie et le château de Montilz, qu’il débaptise en Plessis-lez-Tours. Le château féodal du XIème siècle venait d’être réaménagé sous le roi précédent. Louis fait construire de 1463 à 1470 un logis neuf dans le style gothique florissant pour l’architecture civile. Néanmoins, cette construction initiale a entièrement brulé de sorte que nous ignorons, à ce jour, à quoi elle ressemblait.  Le logis royal a été entièrement rebâti sous Charles VIII (peut-être à l’identique ?).

Veüe du chasteau du Plessis lez Tours, dessiné du dedans de la court par Louis Boudan (dessinateur et graveur) Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie, EST VA-37 (4) Aquarelle ; 33,4 x 29 cm Référence bibliographique : Gaignières, 5294

Veüe du chasteau du Plessis lez Tours, dessiné du dedans de la court par Louis Boudan (dessinateur et graveur) Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie, EST VA-37 (4) Aquarelle ; 33,4 x 29 cm Référence bibliographique : Gaignières, 5294

Louis XI meurt en 1483 à Plessis-lez-Tours[ii]. Son fils, le futur Charles VIII, naît, quant à lui, à Amboise, où il est élevé.

La résidence royale de Charles VIII au château d’Amboise

Son rattachement à la Couronne était assez récent puis qu’il remontait à 1434 et à Charles VII, lequel avait fait condamner comme traître, Louis d’Amboise, Vicomte de Thouars, qui avait pris le parti des Anglais contre son roi. Charles VII, sorti vainqueur des Anglais, fit condamner à mort le rebelle par le Parlement de Poitiers (voir l’article sur ce Blog sur le Parlement de Poitiers) et confisquer tous ses biens qui furent immédiatement réunis à la Couronne.

 Amboise devint alors une des résidences royales les plus fréquentes du roi Louis XI et de sa cour. C’est à Amboise que naquit le futur roi Charles VIII le 30 juin 1470. C’est à Amboise que Louis XI fonda, le 1er août 1469,  le très prestigieux Ordre de chevalerie de Saint-Michel.

C’est tout naturellement, que Charles VIII, devenu roi, après avoir épousé Anne de Bretagne, vient s’établir au château d’Amboise (Voir sur ce Blog Le retour du roi Charles VIII à Amboise: les balbutiements de la renaissance).

Le château d'Amboise par Adolphe Rouargue 1856 ©

Le château d’Amboise par Adolphe Rouargue 1856 ©

A Amboise, le dauphin est élevé par sa sœur aînée, Anne de Beaujeu, épouse du duc Pierre de Bourbon et Régente de France de fait sinon en titre. Il y a pour compagnons, Marguerite d’Autriche, la future Régente des Pays Bas, Louise de Savoie, la future mère de François 1er et Philibert de Savoie, le frère cadet de Louise, futur duc de Savoie.

En 1498, le roi Charles VIII décède accidentellement en se heurtant violemment à une porte basse et il est remplacé par Louis XII qui s’installe à Blois.

La résidence royale de Louis XII au château de Blois

La ville de Blois  était entrée fortuitement en possession du duc Louis d’Orléans, frère de Charles VI, par la vente, convenue en 1391, par Guy II de Châtillon, des châtellenies de Romorantin et de Millançay et des comtés de Blois et de Dunois. Louis d’Orléans n’entra en possession de ces biens qu’après la mort du vendeur, survenue en 1398.

Un partage de succession, intervenu en 1448 entre Charles d’Orléans et son frère, Jean d’Angoulême, attribua à ce dernier les fiefs de Sologne dont Romorantin tandis que le duc d’Orléans conservait le comté de Blois et son château. Il avait préalablement distrait de ces domaines le riche comté de Dunois (Châteaudun) qu’il avait attribué à son jeune demi-frère, le célèbre bâtard d’Orléans, compagnon de Jeanne d’Arc qui l’avait très fidèlement servi pendant ses vingt-cinq années de captivité à Londres.

Elevé toute sa jeunesse à Blois, c’est tout naturellement que le duc d’Orléans fait de Blois la résidence du roi et de la reine, Anne de Bretagne.

Blois au XVIeme siecle

Blois au XVIeme siecle

Les premières transformations du château de Blois

A son retour d’Angleterre après 25 ans de captivité, Charles d’Orléans épouse Marie de Clèves, la nièce du duc Philippe de Bourgogne, qui  lui a avancé partiellement sa rançon. De cette union tardive (Charles d’Orléans, va sur ses quarante-cinq ans), un fils, inespéré, naît vingt-deux ans plus tard en 1462 : ce sera Louis d’Orléans. Charles est alors âgé de soixante-cinq ans et il va mourir deux ans plus tard. Quant à Marie de Clèves, elle a dû attendre dix-sept ans que se réveille une fécondité tardive avec Marie d’Orléans née en 1457 et Louis né en 1462.

Dès son retour d’Angleterre en 1440, Charles s’établit à Blois où il réalise d’importants travaux. Entre la date de sa mort en 1465 et celle de l’avènement de son fils, en 1498, soit pendant trente-trois ans, Blois ne subit aucun changement. Puis, l’installation de la résidence du roi fera de Blois[iii] la capitale du royaume pendant vingt-cinq ans et l’une des résidences préférées des rois de France, pendant tout le seizième siècle.  Le château de Blois va en sortir totalement transformé et se présenter sous la forme qu’il a conservée aujourd’hui.

Blois, Chateau, Croquis - Les différentes époques du bâtiment Source site renaissance.mrugala.net

Blois, Chateau, Croquis – Les différentes époques du bâtiment Source site renaissance.mrugala.net

L’assiette du château féodal

« Le château médiéval occupait l’extrémité étroite et escarpée du promontoire qui s’élève au confluent de la Loire et du petit ruisseau de l’Arrou. Une large et profonde tranchée artificielle, qui forme aujourd’hui la rue des Fossés du château, isolait déjà au sud-ouest, cette extrémité, du reste du plateau. L’espace ainsi déterminé, offre la figure d’un triangle, allongé et renflé du côté de l’Arrou, qui mesure 250m de long sur 100 de large et couvre une superficie de 25 000 m². La forteresse, à cet endroit, pénétrait comme un coin dans l’enceinte de la cité, qui se soudait à sa masse de part et d’autre : au nord, à peu près au point où la salle des Etats joint l’aile de François 1er et au sud, contre la tour de Foix. De la sorte, le château était à la fois dans et hors la ville, il concourait à sa défense et la dominait de sa position élevée »[iv].

Vue plongeante sur Blois par Braun et Hogenberg Gravure sur cuivre 0,31 x 0,44 cm d’après une gravure sur bois de Belleforest   dans l'ouvrage Cosmographie Universelle Paris 1575 Site SANDERUS ANTIQUARIAAT - ANTIQUE MAPS

Vue plongeante sur Blois par Braun et Hogenberg Gravure sur cuivre 0,31 x 0,44 cm d’après une gravure sur bois de Belleforest dans l’ouvrage Cosmographie Universelle Paris 1575 Avec l’aimable autorisation du  Site SANDERUS ANTIQUARIAAT – ANTIQUE MAPS

 

A la fin du quinzième siècle, tout l’emplacement du château était ceint d’une enceinte fortifiée de 650 m de long, flanquée de tours et percée de portes, qui ont aujourd’hui totalement disparu. Trois tours rondes s’adossaient à la courtine aujourd’hui englobée dans l’aile François 1er : la première subsiste encore jusqu’au 1er étage, la seconde a été incorporée dans l’aile François 1er et la dernière, connue sous le nom de « Tour Renault ou Château-Renault », a été conservée mais profondément modifiée.

Emprise du château féodal de Blois Source article Wikipedia sur le château de Blois

Emprise du château féodal de Blois Source article Wikipedia sur le château de Blois

Du côté du fossé, la courtine était renforcée par quatre tours, dont seule, subsiste, à l’angle sud, la Tour du Foix.

« La tour du Foix qui existe encore et qui tire son nom du Faubourg du Foix situé à ses pieds, fut occupée depuis la fin du XVème siècle jusqu’à 1635, par la chambre des comptes de Blois, qui y conservait ses archives. La partie supérieure de la tour, qui se terminait par un comble en poivrière, fut aménagée en terrasse pour l’observation du ciel. De là lui vinrent les noms de « Tour de l’Observatoire » ou « Tour des Mathématiques » qui lui furent donnés au XVIIème et XVIIIème siècle. »

L’enceinte était percée de cinq portes. Deux d’entre elles, la porte des Jacobins (à l’emplacement du passage qui relie la place du château à la rue Saint-Lubin) et de la poterne Saint-Martin (qui semble avoir été incorporée dans l’église Saint-Martin), faisaient communiquer le château avec la ville. La porte des champs, quant à elle, était la seule praticable par des carrosses et des chevaux. Elle occupait l’espace actuel de la rue de la Voûte, qui conduit de la place Victor Hugo à la place du château.

Blois Matthieu Merian cuivre grave extrait de Topographia Galliae Source Wikimedia d'après le site allemand Götzfried Antique Maps

Blois Matthieu Merian cuivre grave extrait de Topographia Galliae Source Wikimedia d’après le site allemand Götzfried Antique Maps

Les aménagements réalisés par Louis XII

Dès son avènement, après la mort de Charles VIII, le 7 avril 1498, Louis XII transporte sa cour à Blois et décide d’embellir la demeure de ses pères. Pierre Lesueur date l’organisation du projet, de fin octobre à début novembre 1498, époque où le roi parvient à se libérer de ses obligations, pour se rendre à Blois.

Les travaux de l’aile Louis XII se dérouleront de décembre 1498 à août 1503.

Aile de Louis XII du château de Blois peinte en 1844 par Felix Duban, architecte de la rénovation du château au XIXème siècle Médiathèque de l'architecture et du Patrimoine

Aile de Louis XII du château de Blois peinte en 1844 par Felix Duban, architecte de la rénovation du château au XIXème siècle Médiathèque de l’architecture et du Patrimoine

La conduite du projet de l’aile Louis XII

Ce qui frappe le visiteur c’est l’utilisation, comme dans plusieurs châteaux de la même époque, de briques rouges alternant avec des pierres blanches. L’ensemble est joyeux et vif. Le style est d’une unité parfaite et il a dû être exécuté conformément à une vision initiale.

Le bâtiment est bâti dans le style du château de Jallanges, construit en 1465, qui a servi de modèle notamment, pour le château de Plessis-lez-Tours et pour d’autres châteaux réaménagés du temps de Charles VIII, comme celui du Clos Lucé. Le style gothique pierre et briques s’est donc assez largement répandu en Val de Loire pour inspirer le concepteur.

D’autre part, le style général de l’édifice est clairement dans la tradition gothique française, marquée par une certaine influence flamande où l’art gothique a triomphé dans les grandes villes commerçantes. On y retrouve les hautes toitures en poivrière, avec des combles habitables. Cet art gothique dominant a été tempéré d’un soupçon de renaissance italienne avec l’importance donnée aux galeries ouvertes au rez-de-chaussée.

Pierre Lesueur estime que Louis XII ne s’est jamais vraiment investi, comme le fera plus tard François 1er, dans le style des châteaux à construire. Il estime qu’un rôle plus important revient à François de Pontbriant, « commissaire du Roy sur le fait de ses bastimens et ediffices de Blois ».

Ce François de Pontbriant est une vieille connaissance[v] (voir l’article sur le Maréchal de Gié dans ce Blog).  Pierre Lesueur le crédite de ce poste du roi Louis XII alors que, d’après Maulde La Clavière (lien avec son livre sur Gallica BNF ci-dessous), il est encore en 1503, et depuis plusieurs années, au service du maréchal de Gié, placé à la garde de Louise de Savoie au château d’Amboise. Mais, en y réfléchissant bien, les deux assertions ne sont pas nécessairement contradictoires d’autant que Pierre Lesueur s’appuie sur des documents d’époque.

Ce qui est certain, c’est qu’à la suite de l’épisode de l’élimination politique du Maréchal de Gié, François de Pontbriant connaît une faveur royale qui ne cessera de se poursuivre toute sa vie durant, Claude de France, fille aînée de Louis XII et épouse de François 1er continuant de lui accorder sa faveur. Il est possible, si Maulde la Clavière ne se trompe pas, que cette faveur, il la doive à Anne de Bretagne, moins en sa qualité de breton qu’à son rôle dans l’affaire du maréchal de Gié.

D’après Pierre Lesueur, il est chargé en 1500, avec Roland de Plorec, de diriger l’achèvement des travaux d’Amboise que la mort de Charles VIII avait interrompus.

A Blois même, d’après des documents d’époque[vi]  il reçoit mandat non seulement pour l’aile nouvelle mais encore pour les jardins. Pierre Lesueur note qu’en 1476, déjà, alors qu’il n’est âgé que de 25 ans, il est envoyé en ambassade auprès du duc de Ferrare, ce qui lui donne l’opportunité de se frotter à la Renaissance italienne et en 1519, il reçoit de François 1er la surintendance des travaux de Chambord, preuve de la confiance du souverain dans les goûts de son protégé.

Le rôle du commissaire royal,  à la Renaissance, est une tâche à caractère essentiellement administratif : passation des marchés, ordonnancement des paiements. Disposant de la totale conduite du projet, il est très probable que ses propres goûts ont influencé le style général de l’immeuble.

Auprès du Commissaire, il y avait à la Renaissance, un contrôleur dont les fonctions semblaient limitées à la tenue de comptes exacts et détaillés des travaux réalisés et des matériaux livrés, ce qui permettait d’ordonner les règlements. Les attributions du contrôleur, bien que se rattachant exclusivement à la direction financière, exigeaient des connaissances techniques autant qu’administratives. Cette charge était donc confiée tantôt à des fonctionnaires des finances royales, tantôt à des maîtres-maçons.

En se basant sur un document de 1502, Pierre Lesueur estime que le contrôleur des travaux de Blois, est Simonnet Guischard qui signe conjointement avec Pombriant. Simonnet Guischard appartenait à une famille de charpentiers Blésois et il était lui-même menuisier-charpentier.

Le personnel affecté à la réalisation des grands projets royaux comprenait un troisième personnage, le Trésorier, dont la fonction était de recevoir les deniers permettant de financer l’entreprise et procéder au règlement des dépenses. Cette fonction était toujours exercée par un fonctionnaire des finances. Au début des travaux, le titulaire de la fonction était Jean Serine et, après sa mort en 1502, Guillemin Viart, qui relevaient l’un et l’autre, de la chambre des Comptes de Blois.

Fra Giocondo est-il le concepteur de l’aile Louis XII ?

Fra Giocondo fut l’un des esprits universels de la Renaissance, précurseur de Léonard de Vinci et très respecté des grands humanistes français comme Guillaume Budé et Jacques Lefèvre d’Etaples. Vasari lui a consacré quelques pages dans sa Vie des Peintres, sculpteurs et Architectes.

Portrait de Fra Giocondo Ecole italienne 16ème siècle

Portrait de Fra Giocondo Ecole italienne 16ème siècle

Vasari nous dit que Fra Giovanni Giocondo, qui avait pris l’habit de dominicain, avait pour principale occupation la littérature. Il était non seulement versé en philosophie et en théologie mais il parlait en outre couramment le grec ancien, une qualité très rare pour l’époque, selon Vasari. Il avait également une solide formation en architecture comme le souligna plus tard Guillaume Budé dans son « De Asse ». Il resta plusieurs années auprès de l’Empereur Maximilien, en ses multiples qualités de lettré et d’architecte de la perspective et il enseigna le latin et le grec à Scaliger. Il nourrissait une telle passion pour la littérature que Scaliger dira de lui plus tard « qu’il était une bibliothèque ancienne et moderne en toutes sortes d’arts libéraux »

D’après la Revue Archéologique de Touraine[vii], il fit partie de l’académie Aldine, une réunion d’humanistes érudits fondée par le vénitien Aldo Manuzio[viii]. Il rejoignit dans ce cénacle, d’illustres lettrés comme les cardinaux Aleandro et Bembo, Erasme ou Constantin Lascaris. Il était passionné de recherches littéraires en inscriptions latines dont il recueillit un très grand nombre. Il réunit certaines d’entre elles dans un ouvrage qu’il dédia à Laurent le Magnifique. Il étudia la botanique, l’agriculture et les sciences les plus variées.

 Mais la science qui recueillit sa préférence fut celle de l’architecture. Il remit à l’honneur Vitruve, le seul architecte romain qui ait laissé des écrits pour la postérité. Les connaissances en  architecture de Fra Giocondo jointes à une incroyable érudition le firent qualifier par Guillaume Budé de « très parfait architecte » et par Vasari de « eccelentissimo architetto ».

 Fra Giocondo circula dans plusieurs capitales italiennes où il laissa quelques réalisations notoires : à Venise, on lui attribue l’Entrepôt des Allemands, à Padoue des travaux d’ingénieur militaire pour adapter les murailles à la défense contre l’artillerie, à Vérone, le Palazzo del Consiglio. A Rome, il s’employa à des travaux d’Antiquaire et au relevé d’inscriptions, domaines dans lesquels il excellait. Il fut appelé à Naples pour prendre le relais de Giuliano da Maiano, l’architecte de Poggio Reale. Il y fit la connaissance de Jacopo Sanazzaro un brillant poète napolitain, qui vint en France, accompagner le roi de Naples en exil de 1501 à sa mort en 1504.

Fra Giocondo était toujours à Naples en 1495 à l’arrivée des Français et Charles VIII fut très impressionné par le génie et l’érudition du moine dominicain. Il lui offrit de s’attacher à lui. On le retrouve alors à Amboise en 1497 en qualité de « deviseur en bâtiments »

 Appointé aux gages de trente ducats carlins par mois, il devait en qualité de deviseur, exécuter les plans et devis : il exécutait le dessin et le chef d’œuvre de l’ouvrage en relief, qui permettait de juger de l’aspect final du bâtiment. A Amboise, la démolition de nombre de bâtiments ne permet plus aujourd’hui d’identifier la marque de l’architecte du roi.

 La société archéologique de Touraine estime que la maison de Joyeuse à Amboise aurait été la maison occupée par Fra Giocondo lors de son séjour à Amboise. Après la mort de Charles VIII, Louis XII appela Fra Gioconde à Blois où il réside au moment du démarrage des travaux.

Très nombreux sont ceux qui ont tiré prétexte de cette présence pour attribuer à Fra Giocondo la paternité de l’aile Louis XII. Mais Pierre Lesueur démonte cette attribution en la jugeant parfaitement erronée.

Son point de vue repose essentiellement sur une opposition stylistique. L’architecte italien de la Renaissance s’est démarqué (voir l’article sur ce Blog sur l’architecte de la première Renaissance à Florence) du gothique en créant un art nouveau des proportions marqué par le retour à l’antique. Fra Giocondo est le spécialiste européen de Vitruve à cette époque et il n’est pas pensable qu’il aurait choisi de concevoir un château d’inspiration gothique dans le style pierres et briques fleurissant dans le val de Loire.

Certes, Pierre Lesueur reconnaît que Fra Giocondo fut chargé en 1503 de proposer un projet pour les travaux d’hydraulique des jardins du château de Blois, projet qui, d’ailleurs, ne fut pas adopté.

Du reste, comme je le souligne déjà dans un autre article de ce Blog –(Le retour du roi Charles VIII à Amboise : les balbutiements de la Renaissance), les manifestations de la renaissance italienne ne touchèrent immédiatement en France que la structure intérieure des bâtiments et …les jardins (voir l’article sur ce Blog sur les Jardins de Château-Gaillard).

Comme le note avec opportunité Pierre Lesueur, le roi Charles VIII, de retour d’Italie, dégrisé ne sut pas comment employer ses 23 artistes ramenés d’Italie. Le contexte était différent, le climat, la lumière, les mentalités. On les utilisa non pas pour produire  ce qu’ils savaient faire mais pour s’intégrer dans des équipes où leurs capacités ne furent que très faiblement employées et où ils eurent un rôle purement consultatif. Il fallut attendre presque 40 ans pour que le plus jeune d’entre eux, Dominique de Cortone, dit « le Boccador », voie un projet retenu par le roi : ce fut l’hôtel de ville de Paris, l’une des toutes premières manifestations en France, du génie italien de la Renaissance (voir l’article sur ce Blog : une controverse sur l’architecte de l’hôtel de ville de Paris : le Boccador ou Pierre Chambiges ?).

Si Fra Giocondo n’est pas l’architecte de l’aile Louis XII, qui en est l’auteur ?

Colin Biart : un grand maître maçon de la Renaissance française

Ce personnage est resté méconnu. Né en 1460 à Amboise, il apparaît pour la première fois dans cette ville en 1483 pour quelques ouvrages de menuiserie en l’honneur des fêtes de fiançailles de Marguerite d’Autriche et du dauphin Charles de France. Une douzaine d’années plus tard, on le retrouve maître-maçon à Amboise, conjointement avec Guillaume Senault et Louis Amangeart. En mars 1500, il est nommé, pour la reconstruction du pont Notre Dame, effondré en 1499 (voir l’article sur ce Blog sur Anthoine Verard),  « maistre des œuvres en l’ediffice dudit pont », conjointement avec deux autres maîtres-maçons, un poste qu’il n’occupe qu’un mois. On le retrouve ensuite au chantier de Gaillon pour le cardinal d’Amboise  (voir l’article sur  Georges d’Amboise sur ce Blog), qui le mandate sur plusieurs missions à Rouen. A partir de 1508, il est employé à la cathédrale de Bourges dont la tour nord menaçait ruine. Il revient à Amboise en 1515 comme maître d’œuvre pour s’occuper de la conduite des travaux au Clos-Lucé, qu’il fallait aménager pour Léonard de Vinci.

Le plus difficile nous dit Pierre Lesueur, est de déterminer quel rôle exact a été celui de Colin Biart à Blois ?

On trouvait en effet naturel, nous rappelle Pierre Lesueur, « de se mettre à la construction d’un édifice en ayant seulement arrêté ce qui était indispensable pour la pouvoir commencer et ne décider des autres parties, que le moment venu de les exécuter ». De telles pratiques laissent une grande initiative à celui qui doit les exécuter.

Toutefois, ce qui frappe dans l’aile Louis XII c’est l’harmonie. Etre capable d’apporter telle ou telle modification le moment venu, ne fait pas un style. Il y a, à la base du projet de l’aile Louis XII une profonde réflexion, une unité de ton qui démontre l’existence d’une pensée préalable, aboutie. Colin Biart est sans doute l’exécuteur talentueux de l’aile Louis XII mais il n’en est probablement pas le concepteur.

Si nous ne disposons d’aucune information sur un concepteur éventuel du plan d’ensemble, il reste à émettre une hypothèse nouvelle : les plans de l’aile Louis XII du château de Blois, pourraient-ils résulter de la libre réutilisation par Colin Biart, de plans antérieurs conçus pour l’une ou l’autre des résidences pierre et briques : Jallanges ou Plessis-lez-Tours ?

Aurait-il suffi que le roi demande un château »dans le style de … », pour que le projet qu’on lui propose intègre un projet « à la manière de », revisité ?

La statue de Louis XII

La porte d’entrée de l’aile Louis XII était à l’époque surmontée d’une grande statue de Louis XII à cheval, qui a été détruite lors de la révolution. Tous les auteurs (Quicherat, La Saussaye, Montaiglon) s’accordent à créditer le grand sculpteur italien ramené par Charles VIII en 1495, Guido Mazzoni, dit « il paganino».

On peut retrouver le dessin de cette statue dans les gravures de Félibien réalisées au XVIIème siècle[ix]. La statue actuelle est une copie libre réalisée par Seurre en 1858.

Vues des châteaux du Blésois au XVIIe siècle, par André Félibien. Dessins illustrant le manuscrit des "Mémoires pour servir à l'histoire des maisons royalles et bastimens de France", conservé au château de Cheverny , publiés par Frédéric et Pierre Lesueur GALLICA Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-LK2-7103

Vues des châteaux du Blésois au XVIIe siècle, par André Félibien. Dessins illustrant le manuscrit des “Mémoires pour servir à l’histoire des maisons royalles et bastimens de France”, conservé au château de Cheverny , publiés par Frédéric et Pierre Lesueur GALLICA Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l’homme, 8-LK2-7103

Guido Mazzoni s’est  fait reconnaître en Italie par des groupes de statues polychromes en terre cuite, un genre à la mode en Italie du nord dans les églises de la fin du quinzième siècle. Recruté par Charles VIII à Naples, il est utilisé à Amboise, sans doute pour ses qualités de sculpteur. Mais c’était également, comme Michel Ange, un peintre de génie. Et c’est à ce titre qu’il réalise une œuvre pour Claude de France, qui le propulse au tout premier rang des grands peintres à miniatures, avec « L’abécédaire de Claude de France »[x]. C’est un manuscrit d’une vingtaine de pages, d’une extrême rareté car il a été réalisé en 1505, à Romorantin, pour une enfant qui doit apprendre à lire, à la demande de sa mère, Anne de Bretagne.

Abecedaire de Claude de France par Guido Mazzoni Folio 1V Fitzwilliam Museum Cambridge

Abecedaire de Claude de France par Guido Mazzoni Folio 1V Fitzwilliam Museum Cambridge

Guido Mazzoni a également réalisé le magnifique tombeau de Charles VIII à la Basilique Saint Denis (tombeau détruit à la révolution), hommage appuyé de sa veuve, Anne de Bretagne[xi].

Tombeau du roi Charles VIII Coll de Gaignieres GALLICA BNF recueils de Gaignières (tombeaux, volume 2 folio 48)

Tombeau du roi Charles VIII sculpté par Guido Mazzoni Coll de Gaignieres GALLICA BNF recueils de Gaignières (tombeaux, volume 2 folio 48)

Les jardins

Les deux premières guerres d’Italie ont permis aux Français d’apprécier l’agrément des jardins. A Naples, Charles VIII s’est abîmé dans les délices de la villa de Poggio Reale chantée par le poète français  André de la vigne, dans le « Vergier d’honneur »[xii]. Il a tellement été frappé par l’agrément de ces jardins qu’il a embauché séance tenante leur créateur, Dom Pacello da Mercogliano, pour créer les jardins d’Amboise et surtout ceux de Château-Gaillard, près d’Amboise (voir l’article sur ce Blog sur Château Gaillard).

Louis XII de son côté a pu admirer les villas médicéennes de la région de Florence et les premières réalisations de Dom Pacello à Amboise.

Il a donc mandaté outre Dom Pacello, la même équipe (commissaire des bâtiments du roi, contrôleur et trésorier) pour réaliser les jardins de Blois. Ces derniers sont établis à l’ouest du château sur le flanc de la vallée de l’Arrou. Ils se composaient de trois terrasses étagées, sans correspondance de l’une à l’autre, le projet ayant choisi d’englober tous les jardins antérieurs. Les jardins ont été détruits à la révolution.

Androuet du Cerceau Blois Chateau et jardins British Museum

Androuet du Cerceau Blois Chateau et jardins British Museum

Le jardin bas est celui qui a requis les plus grands efforts.

Les terrains nécessaires ont été acquis en 1499, formant d’après Pierre Lesueur, « une grande terrasse rectangulaire d’environ 200 m sur 90, élevée en grande partie de terres rapportées et soutenue sur trois faces par de hauts murs. Des allées tracées à angle droit le divisaient en compartiments réguliers et symétriques qui étaient entourés de clôtures basses en charpente et formaient des parterres de broderie dessinés selon des compositions géométriques variées. Autour de cette terrasse s’élevaient des berceaux de charpente garnis de plantes grimpantes. Ce jardin était orné de monuments d’architecture. Vers le milieu d’un côté, au bord de la terrasse, s’élevait le pavillon dit d’Anne de Bretagne, élégant monument qui formait une sorte de petit casino[xiii] ».

Monument de la reine Anne de Bretagne dans les jardins du château de Blois par André Felibien XVIIème siècle Dessin à la plume Folio 39v et 40 GALLICA Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-LK2-7103

Monument de la reine Anne de Bretagne dans les jardins du château de Blois par André Felibien XVIIème siècle Dessin à la plume Folio 39v et 40 GALLICA Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l’homme, 8-LK2-7103

Il est probable que l’idée de cette édifice soit due à Dom Pacello car les jardins italiens étaient équipés de constructions diverses.

Mais le style est totalement d’inspiration gothique. Comment penser qu’un Italien de la Renaissance ai pu commettre un monument pareil ? C’est tout simplement parce que le style lui a été imposé par ses donneurs d’ordre !

« Au centre du jardin bas, se trouvait un grand pavillon octogonal de charpente de 14m de diamètre : quatre faces étaient percées d’arcades et les quatre autres, ornés de niches. « Il était couvert d’un dôme d’ardoises garni de plombs dorés, surmonté d’un lanternon  terminé, à 18m de haut par un Saint-Michel doré. Ce travail soigné et délicat, dont il subsiste quelques traces est  d’inspiration toute italienne. »

Ainsi, les artistes italiens ramenés à grand frais par Charles VIII, n’ont-ils été autorisés à exprimer librement leur style que dans des parties secondaires de l’édifice. Là est peut-être la réponse à la question qui chemine dans plusieurs articles de ce Blog sur les raisons pour lesquelles on ne voit aucun signe de la Renaissance italienne dans les monuments français du début du seizième siècle (articles sur Château-Gaillard, le retour du roi Charles VIII à Amboise et L’hôtel de ville de Paris). .

Ils ont dû être les victimes de la pensée gothique dominante. Peut-être parce que leurs ordonnateurs, les rois Charles VIII et Louis XII, qui ont personnellement approché les merveilles du nouveau style, ne se sont pas directement impliqués dans la construction, à l’inverse des monarques italiens comme le duc de Milan par exemple ou le duc d’Urbin (article sur la cour fastueuse du duc d’Urbin) ou François 1er.

Ces rois ont laissé la main à des serviteurs zélés et compétents, mais formés à l’ancien style.

L’esprit de la Renaissance est arrivé en France avec le retour de Charles VIII en 1495. En témoignent l’exploitation de la lumière et les jardins. Mais le style, lui, est resté en Italie. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi de ne pas traiter au sein de cet article, l’aile François 1er.

Israel Silvestre Vue du chateau de Blois Gravure sur cuivre par Israël Silvestre sculpsit 1672 L : 1018 H : 373 Estampe en deux feuilles, destinées à être réunies Faucheux : 175.2, version colorée Site Israel Silvestre et ses descendants

Israel Silvestre Vue du chateau de Blois Gravure sur cuivre par Israël Silvestre sculpsit 1672 L : 1018 H : 373 Estampe en deux feuilles, destinées à être réunies
Faucheux : 175.2, version colorée Site Israel Silvestre et ses descendants

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[i] Le château de Beauté a été détruit sur ordre de Richelieu, en 1626. Il était situé à Nogent sur Marne où une plaque commémorative a été apposée près de la gare, au 7 avenue Watteau.

[ii] Au centre de Tours aujourd’hui, le château, en 1463, était situé à une toute petite distance des remparts de Tours entre le Cher et la Loire. Le parc du château était entouré naturellement de ces deux rivières réunies par le canal Sainte-Anne qui formaient un rempart naturel ayant probablement séduit le roi Louis XI. Une belle avenue pavée, le « Pavé  du Plessis », conduisait de Tours au château, en traversant le canal sur un pont. Le château se présentait sous forme de deux tours massives, encadrant des remparts crénelés et une porte solide confiée à la garde des archers écossais du roi Louis XI. Cette première enceinte franchie, on trouvait une cour d’une grande étendue, offrant l’aspect d’une place de guerre. Au sein des bâtiments, on trouvait une chapelle, dédiée par Louis XI à Notre Dame de Clery et l’oratoire préféré du roi. A l’autre bout, l’église paroissiale de Saint-Matthias et le petit couvent où fut provisoirement abrité Saint François de Paule en 1483, à son arrivé de Calabre.   Extrait de « Louis XI et le Plessis-lèz-Tours »  Par W. H. Louyrette, André Rodolphe Claude François Siméon comte de Croy.

[iii] Les développements qui suivent sont extraits de l’ouvrage très documenté du spécialiste érudit des châteaux de la Loire et de Blois, Pierre Lesueur : « Le château de Blois par Frédéric et Pierre Lesueur » .

[iv] Pierre et Frédéric Lesueur opdéjà cité.

[v] Le biographe le mieux informé sur Pontbriant est sans conteste R de Maulde La Clavière – Procédures politiques du règne de Louis XII Paris Imprimerie Nationale 1885.

[vi] Notamment les documents cités par Pierre Lesueur : BNF Français 26289 pièce 386, 2927 Folio 57 et Archives nationales K78 n°2 et KK 902 Folio 47.

[vii] Mémoires de  la Société Archéologique de Touraine, « AMBOISE  le château, la ville et le canton »,    publié chez Péricat à Tours en 1897. Georgio VASARI Vie des Peintres, sculpteurs et architectes Tome 7 Paris Just Tessier 1841,

[viii] Aldo Manuzio (1449-1515) fut un imprimeur renommé qui joua un rôle important dans la diffusion de la pensée humaniste en Italie et notamment de la littérature grecque. Constantin Lascaris, byzantin, arriva en Sicile après la chute de Constantinople : il fut le plus grand grammairien de son temps et il introduisit l’enseignement du grec en Italie. Sa réputation était si grande que ses élèves accourraient d’Italie, de France ou d’Espagne pour suivre ses cours. Le cardinal Pietro Bembo (1470-1547) fut l’un de ses élèves.  Le cardinal Girolamo Aleandro  (1480-1542), fut très tôt un grand érudit dont la réputation franchit les frontières : il fut appelé par Louis XII à Paris où il exerça quelque temps la fonction de recteur de l’Université. Il devint cardinal en 1536.

[ix] Vues des Châteaux du Blésois au XVIIème siècle par André Félibien. Paris Massin 1911 chez GALLICA BNF.

[x] L’abécédaire de Claude de France est conservé au Musée Fitzwilliam à Cambridge  sous la cote MS 159.

[xi] Le tombeau de Charles VIII a disparu à la révolution car la monumentale statue en en bronze doré représentant le roi en prière, revêtu de la robe bleue à fleurs de lys dorées réalisée en émail a attiré la convoitise des fondeurs de métaux.

[xii] Le verger d’honneur par André de la Vigne Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits, Français 1687.

[xiii] Le mot « casino », d’origine italienne, signifie littéralement, petite maison. Il désigne un lieu de détente à l’écart du cœur de la ville. Cet édifice est le seul des jardins, à avoir survécu à la révolution. Il a été restauré au XIXème siècle.

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