Le traité des Tournois de René d’Anjou à la BNF

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Le manuscrit n°2693 de la BNF s’intitule le “Traittié de la forme et devis comme on fait les tournoyz“. Il a été rédigé par le roi René, duc d’Anjou, de Bar et de Lorraine, comte de Provence et roi de Sicile. Ce souverain, qui a laissé à Aix en Provence, le souvenir éternel du “bon roy René”, était également un romancier, poète et moraliste. Il a laissé de nombreuses oeuvres littéraires, d’un intérêt inégal, dont ce traité des tournois, en prose, qui présente les codes et règlements applicables pour les tournois. Nul n’était mieux placé que ce prince qui s’était distingué dans tant de pas d’armes au cours de sa vie, et qui observait, religieusement, les règles de la vieille chevalerie,  pour établir cette espèce de  théorie des tournois romancée car, comme l’auteur le reconnaît lui-même, il ne s’agit pas de règles d’un tournoi en particulier, mais de règles imaginées d’après plusieurs exemples de tournois en Flandre, en Brabant et en Allemagne.

Pourquoi dans ce cas, les illustrations de ce manuscrit, font-elles explicitement référence à un tournoi qui s’est déroulé à Bruges,  le 11 mars 1393, par Jean, seigneur de la Gruuthuyse, tenant, et par le seigneur de Ghistelles, assaillant ? Il y a là comme un mystère, d’autant que ce manuscrit a été offert au roi Charles VIII, par Louis de Bruges, seigneur de la Gruuthuyse, un descendant de ce Jean de la Gruuthuyse, le chevalier tenant du tournoi de 1393 !

Le roi René aurait-il repris les règles appliquées lors du tournoi de Bruges de 1393 pour en rédiger un traité ?

Le traité des tournois du roi René

Il revient au grand bibliothécaire Joseph Van Praet, conservateur de la Bibliothèque Royale, puis Impériale puis Royale à nouveau, de 1783 à 1831, l’étude des oeuvres de la collection de son compatriote Louis de Bruges, seigneur de la Gruuthuyse, dans un petit opuscule intitulé[i] “Recherches sur Louis de Bruges, seigneur de la Gruuthuyse” dans lequel il décrit l’histoire de ce traité, résumée ci-après.

Il serait difficile de dire si René fut un poète ou un prosateur, un moraliste ou un romancier, car son talent  s’essaya dans presque tous les genres. Ses productions  contiennent un mélange de prose et de vers. Il pratique aussi bien la didactique, le discours moral, l’églogue, la satire ou le roman allégorique.

La dédicace ne laisse aucun doute sur son intention : le roi de Sicile y a inscrit le  nom de son frère Charles d’Anjou, pour qui le livre est spécialement composé: «Atrès-hault et puissant prince mon très chier et très amé et seul frère germain Charlesd’Anjou, comte du Maine, de Mortaigne et de Guyse, je,  René d’Anjou, vostre frère, vous faiz savoir que, pour le plaisir que je  congnois de pieça que prenez à veoir hystoires nouvelles et dit liez nouveaulx, me suis advisé de  vous faire ung petit traictié, le plus au long estendu que j’ays ceu, de la forme et devis comme il me sembleroit que ung tournoy seroit à entreprendre à la court ou ailleurs en quelque marche de France».

La dédicace se poursuit par ces mots: “ce présent livre a esté dicté par le roy René de Sicille et painct de sa propre main». Il faut sans doute entendre le terme “dicté” comme le texte original du traité, non celui de l’exemplaire de la BNF.

La date de la composition du Livre des tournois ne saurait être antérieure à 1444, Charles d’Anjou étant qualifié, dans la dédicace, du titre de comte de Guise, qui ne lui appartint qu’à partir de son mariage avec Isabelle de Luxembourg et de sa prise de possession du comté, autorisée par le Roi le 9 janvier de cette année-là. Il fut sans doute écrit quelque temps après la brillante série de joutes du pas de Tarascon, en 1449. Sans doute entre 1455 et 1460.

L’auteur déclare, en commençant, que ce sont les tournois d’Allemagne, de Flandre, de Brabant et de France qui lui ont servi de modèles, et qu’à l’aide de ces trois types, en choisissant dans chacun ce qui lui semblait le meilleur, il en a formé un quatrième, purement conventionnel, mais constituant en quelque sorte l’idéal du genre. Afin de donner plus de vie à son œuvre, il prend pour ses héros, ou pour chefs du tournoi, les ducs de Bretagne et de Bourbon: le premier est l’appelant, le second le défendant.

Il décrit d’abord l’invitation faite par le roi d’armes de Bretagne: le duc de Bourbon accepte, pour faire plaisir à son cousin « et aux dames esbatement »; il désigne quatre juges diseurs, fait peindre sur parchemin la figure des deux chefs, à cheval et armés de pied en cap, et attache cette peinture sur une grande pièce de drap d’or, de velours ou de satin, destinée à couvrir les épaules du roi d’armes; puis le tournoi est crié ou publié en divers lieux par des poursuivants, qui annoncent les noms des tenants, les prix à décerner, etc.

Suit une description détaillée des armures (harnois de tête, de corps et de bras, timbres, lambrequins, cottes d’armes, selles, houssures de chevaux, masses et épées). Les lices, les échafauds sont minutieusement devisés à leur tour. La fête commence: les chefs du tournoi, les juges, les tournoyants arrivent au lieu désigné, précédés de trompettes et de hérauts, et se réunissent, la veille de l’action, vers le soir, dans une grande salle préparée tout exprès, où les dames sont assemblées; on procède aux derniers préparatifs, et l’on danse pour terminer la soirée. Le lendemain, l’appelant et le défendant font leur montre et reçoivent les serments des combattants.  Les dames élisent leur chevalier d’honneur. Le troisième jour, l’assemblée prend place sur les tribunes, et le cortège du tournoi défile solennellement dans les lices.

Après les sonneries et les avertissements du roi d’armes, les joutes commencent. Les chevaliers, rangés sous la bannière des deux chefs, s’élancent les uns contre les autres avec leurs varlets, et luttent jusqu’à ce que les trompettes retentissent de nouveau. Le vainqueur est jugé, mais il n’est proclamé que le soir: une des dames, accompagnée de deux damoiselles, lui décerne le prix de la vaillance; il les embrasse « si c’est son plaisir », et les fait danser après. Les joutes recommencent le jour suivant, et des prix spéciaux sont distribués: une verge d’or au plus beau coup porté, un rubis à celui qui a rompu le plus de lances, un diamant à celui qui a combattu le plus longtemps. La fête se termine, comme la veille, dans les festins et les bals.

Il n’y a aucun doute que le traité ait été rédigé sous la forme d’une fiction, tout en reprenant des traits de plusieurs organisations que l’auteur, un des très grands spécialistes des tournois, comme tous les grands seigneurs de son époque, a eu l’occasion d’approcher au cours de sa vie, car tous les mariages princiers, toutes les grandes fêtes annuelles étaient l’occasion de pas d’armes et de joutes.

Le tournoi du 11 mars 1393 à Bruges

Ce tournoi fut fait à Bruges, le II mars 1393, par Jean, seigneur de la Gruuthuyse, tenant, et par le seigneur de Ghistelles, assaillant. Ils arrivèrent au lieu du combat, sur le Grand-Marché de la ville, l’un, accompagné de quarante-neuf chevaliers, l’autre, de quarante-huit, tous issus des premières familles du pays. Rien ne nous apprend qui étoit ce seigneur Wolfart de Ghistelles, adversaire de la Gruuthuyse, et dont la famille ancienne, puissante et illustre, étoit alliée à cette dernière maison. Est-ce Jean, sixième du nom, qui se trouva à la bataille de Poitiers en 1356 et qui suivit Charles VI, roi de France, dans son expédition contre les Flamands conduits par Jean d’Artevelde ? Est-ce son fils, Jean VII, dit le Grand,  tué à la bataille d’Azincourt en 1415, ou enfin son petit-fils, Jean, le grand-veneur de Flandre, mort avant son père ? Il est probable que ce soit Jean VII car le premier était trop vieux lors du tournoi et le dernier, trop jeune.

Louis de Bruges qui fit réaliser les illustrations de ce traité des tournois dont il a fait copier le texte sur un parchemin, était lui-même un amateur éclairé des joutes, organisées chaque année à Bruges depuis 1417 jusqu’en 1480 (voir sur ce Blog, l’article La collection de Louis de Bruges à la BNF) et auxquelles il prit part tous les ans de 1443 à 1449.

Il est probable qu’il crut reconnaître dans le texte du roi René, le code de chevalerie appliqué à Bruges en 1493 car il saisit cette opportunité, pour honorer la mémoire de ses parents, d’illustrer le traité de chevalerie, par les séquences d’un véritable tournoi, celui de son aïeul, Jean de la Gruuthuyse.

Ainsi, les écus et les armes des chevaliers qui ont participé à cette journée sont ceux des quatre-vingt-dix-neuf combattants qui se sont opposés ce jour là dont Joseph Van Praet énumère consciencieusement la liste des noms et des armes.

La réalité des illustrations est venue se fondre avec la fiction, en revisitant le traité romancé du roi René, comme si ce dernier avait voulu traiter du tournoi de Bruges de 1393.

En donnant une illustration particulière et orientée au Traité, Louis de Bruges a pris en otage ce manuscrit. Mais n’est-ce pas le plus bel hommage que pouvait rendre un passionné des tournois à un autre passionné ?

Hommage du manuscrit

Afin qu’aucun honneur ne manquât à un aussi beau travail, Louis de Bruges conçut le projet de l’offrir au roi Charles VIII, projet qu’il eut bientôt l’occasion de réaliser, ayant été, en 1489, compris dans le nombre des députés envoyés par les États de Flandre à ce monarque, qui s’étoit rendu médiateur, d’après les articles de la paix conclue le 22 juillet de la même année, entre Maximilien et les Flamands. Cette date marque sans doute celle du manuscrit lui-même qui a dû être achevé en 1489.

 Traittié de la forme et devis comme on fait les tournoyz », par « RENE D'ANJOU »  Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits, Français 2693 Folio 1v

Traittié de la forme et devis comme on fait les tournoyz », par « RENE D’ANJOU » Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits, Français 2693 Folio 1v

Charles VIII, qui n’a que dix-neuf ans à l’époque, est lui-même grand amateur de tournois et l’héritier direct du roi René, notamment pour le comté de Provence, rattaché à la couronne deFrance à partir de 1481, soit huit ans plus tôt. Cette offrande, sorte de trait d’union entre la famille royale de France et la Flandre était un cadeau apportant un sens politique au geste de Louis de Bruges à  son “souverain seigneur”, la Flandre étant vassale de la France.

Le seigneur de la Gruthuyse profita de son séjour en France, et de l’accès que sa qualité de député lui donnoit auprès du Roi, pour lui faire hommage de son manuscrit, auquel il fit ajouter, en forme de frontispice, une peinture où se voit la cérémonie de cette présentation au folio 1r.

Toutes les descriptions qui suivent proviennent directement de la notice de Josph Van Praet.

Le roi Charles VIII, est représenté assis sur son trône, revêtu d’un manteau bleu semé de fleurs de lis, doublé et garni d’hermine. Il est décoré du collier de l’ordre de Saint-Michel, et porte sur la tête une couronne d’or. Il tient de la main droite un long sceptre doré et de l’autre, il reçoit des mains de Louis de la Gruthuyse le volume du tournoi, couvert en velours noir, et garni de clous et de fermoirs de cuivre doré. Louis de la Gruthuyse est à genoux, et vêtu d’une longue robe de velours noir garnie de martre. Le collier de l’ordre de la Toisond’Or est passé autour de son cou; son bonnet ou chaperon noir, orné d’un diamant, est placé devant lui, sur les marches du trône. Ses traits annoncent un vieillard (il pouvoit avoir soixante-dix ans à cette époque). Ses cheveux, comme ceux du Roi, tombent sur ses épaules. Les quinze personnages richement habillés, qui sont debout derrière lui, paraissent être une partie des vingt-six membres de la députation qui l’a accompagné.

Ces vingt-six membres sont consciencieusement notés par Joseph van Praet: il s’agit de L’abbé de Saint-Bavon, de Gand, et celui d’Oudenbourg, Pierre van Houtte, prevôt de Ronse et chanoine de Saint-Donas de Bruges, Lieven de Jonckheere, chanoine de Cassel, messire Louis de Bruges, seigneur de la Gruthuyse, messire Wouter, seigneur van der Gracht,  messire Jean van Stavele, seigneur d’Ysegem, messire de Baenst, seigneur de Lembeke, Arnaud vander Beke, docteur en droit canon et civil, maître Jean de Beer, messire Adrien Vilain, seigneur de Rassegem, Jean Coppenolle, Lieven de Moor, Jean van de Walle, maître Lieven Zoete, pensionnaire de Gand, messire Jean van Nieuwenhove, Jean de Keyt-le-Vieux, Corneille van Halewyn, Pierre van Riemslede, Pierre van Bassevelde, pensionnaire de Bruges, messire Colard van Halewyn, le seigneur van Boesingen, Antoine van der Fonteyne,  maître Jean van Ravecourt et enfin, maître Jean de Coene, pensionnaire d’Ypres.

A la droite du trône sont également debout, au nombre de neuf, les officiers et les seigneurs de la cour de Charles VIII. Celui qui est sur le devant tient un faucon sur le poing de la main gauche, et dans la main droite une patte d’oiseau; il est ceint d’une épée, et porte en écharpe une grosse chaîne d’or. On voit à ses côtés un lévrier blanc avec un collier rouge orné: il s’agit peut-être de Jacques Odard, alors grand-fauconnier de France.

Le trône du Roi, dont le fond est bleu, est parsemé de fleurs de lis. Les montants, en rouge, sont chargés de son chiffre, formé d’un K couronné d’or. Au-dessus du dais sont les armes de France, supportées par deux anges peints en or. Sur le tapis, pareillement bleu, qui couvre les marches, est couché un autre lévrier. Un second tapis étendu par terre offre, dans des compartiments, les armes de Flandre, qui sont d’or au lion de sable. Au travers des croisées de l’appartement où se passe cette cérémonie, et sur les lambris duquel on lit les mots vive Le Roy, on aperçoit dans le lointain un vaste et beau château, sans doute celui de Plessis-lès-Tours.

Au bas de la miniature qu’on vient de décrire, on lit les vers suivants:

Pour exemple aulx nobles et gens darmes

Qui appettent les faitz darmes hanter

Le fire de Grunthuufe duyt es armes

Volut au roy ce livre presenter

Peintures du manuscrit du tournoi de Bruges

Les premières illustrations du manuscrit (huit folios suivants) concernent le tournoi de Bruges entre Jean de la Gruuthuyse et le seigneur de Ghistelles.

Les deux premières illustrations (Folios Bv et Cr)Elles représentent les seigneurs de la Gruthuyse et de Ghistelles armés de pied en cap, couverts de leur cotte d’armes: le premier, monté sur un cheval blanc; le second, sur un cheval brun; lesquels sont caparaçonnés des armes de ces seigneurs, qui s’élancent l’un sur l’autre pour se frapper de leur épée.

Le heaume de Gruthuyse, qui est baissé, a pour cimier une tête et col de bélier d’argent, accorné d’or entre un vol d’hermine de trois rangs d’argent, avec achement et bourrelet d’argent et de gueules. Sa lance est pendue à son côté, son cheval porte sur sa tête le même cimier.

Le heaume de Ghistelles a une tête et col de chèvre d’hermine, accornée d’or, entre deux pennes d’hermine, avec achement de gueules et d’hermine, bourrelet d’or, d’argent et de gueules.

Quatrième et cinquième Miniatures, aux folios Cv et Dr. Ces deux miniatures représentent le roi d’armes de Gruthuyse et celui de Ghistelles, revêtus de la cotte d’armes, armoriée de l’écu de leur seigneur. Ils sont, l’un, sur un cheval brun, l’autre, sur un cheval blanc, et proclament, à cri, chacun de son côté, à l’entrée de la barrière, le tournoi qui doit être frappé. Le roi d’armes de Gruthuyse porte la devise de ce seigneur: “Plus est en vous“. Derrière chacun d’eux il y a un trompette, celui de Gruthuyse  sur un cheval brun et celui de Ghistelles sur un cheval blanc, qui annoncent au son de cet instrument, orné de l’étendard des deux combattants, la même fête.

Les sixième et septième miniatures (Folios Dv et Er)représentent les armes des chevaliers ayant combattu avec Jean de la Gruuthuyse et celles des huitième et neuvième (Folios Ev et Fr), celles des chevaliers de Ghistelles. Les armes des combattants sont peintes sur un champ d’or, chaque écu est surmonté de son cimier, composé du timbre, du capuchon de l’écu et d’une banderole, sur laquelle on lit le nom du tournoyeur. Cette banderole est en or du côté de la Gruthuyse, et en argent du côté de Ghistelles.

Plusieurs écussons sont accollés de la bannière armoriée des armes du seigneur qui était chevalier banneret, c’est-à-dire qui avoit tenu de son souverain la permission de lever bannière, sous laquelle étaient obligés de se ranger ses vassaux appelés au ban de guerre. Les écussons de ceux qui ont combattu sous le seigneur de la Gruthuyse sont disposés sur cinq lignes horizontales: ils forment un tableau en deux feuillets, qui sont placés, dans le manuscrit, en regard l’un de l’autre.

Illustrations du Traité des Tournois du roi René

Quand un seigneur se proposoit de faire un tournoi (Folios 2v et 4r), il envoyoit son héraut d’armes à celui qu’il vouloit combattre. Ici le héraut d’armes reçoit à genoux l’épée des mains du duc de Bretagne, assis sous un dais, pour la porter au duc de Bourbon.

Le roi d’armes s’acquitte des ordres de son seigneur; il est devant le duc de Bourbon, à qui il offre, à genoux, l’épée du duc de Bretagne, qu’il lui présente par la garde.

Le duc de Bourbon a accepté le défi; le héraut d’armes lui présente un rouleau où sont peints huit quartiers d’armes des chevaliers proposés pour être juges diseurs: il en choisit quatre.

Les quatre juges étant choisis, le héraut d’armes va leur demander, de la part de son seigneur, s’ils acceptent cet office.

Le héraut d’armes publie le tournoi: un des deux poursuivants d’armes distribue les armes aux tournoyeurs.

Le duc de Bretagne et le duc de Bourbon combattant (Folios 27r et 28r) comme Gruthuyse et Ghistelles dans les miniatures précédentes.

L’entrée des juges du tournoi dans la ville. Un héraut d’armes tient les bannières des quatre juges.La lice où se trouvent réunis tous les combaftans, rangés en ordre et prêts à en venir aux mains.

Les hommes se placent dans une salle autour de laquelle défilent les dames.

Visite des heaumes, timbres et bannières des combattans, par les juges, les dames et les seigneurs. Trois tribunes, dont celle du milieu est occupée par les juges; les deux autres, par les dames. Prestation du serment par le seigneur appelant et le seigneur défendant. Deux tribunes, sur lesquelles on lit la devise Plus est en vous; l’une est occupée par les juges; l’autre, par les dames.

Une multitude de tournoyeurs dans la lice, combattant par bandes. Sur deux tribunes on lit, en grosses lettres d’or, la devise “Plus est en vous” de Louis de Bruges, plusieurs fois répétée.

La distribution des prix par la dame, le chevalier d’honneur et les juges.

Traittié de la forme et devis comme on fait les tournoyz », par « RENE D'ANJOU »  Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits, Français 2693  Folio 64v

Traittié de la forme et devis comme on fait les tournoyz », par « RENE D’ANJOU » Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits, Français 2693 Folio 64v

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[i] RECHERCHES SUR LOUIS DE BRUGES, SEIGNEUR DE LA GRUTHUYSE par Joseph van Praet. La notice historique sur la vie de Louis de la Gruthuyse est constituée d’extraits rédigés par Van Praet.

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