Medusa, la fille de Phorcos

Boccace De mulieribus claris Traduction Laurent de Premierfait Illustrations Robinet Testard  Français 599, fol. 19, Gorgone musicienne BNF

Boccace De mulieribus claris Traduction Laurent de Premierfait Illustrations Robinet Testard Français 599, fol. 19, Gorgone musicienne BNF

 

Il s’agit du vingtième portrait de la galerie des cent-six Cleres et nobles femmes de Boccace, qui aborde ici le mythe de la gorgone Méduse.

Voici ce que rapporte le site Mythologies.ca[i], à propos des Gorgones: “Les Gorgones étaient au nombre de trois, et elles étaient les filles des divinités marines Phorcys et Céto. Sthéno était la Puissante. Euryalé celle qui voit loin. Méduse la Souveraine. Elles vivaient sur les bords de l’Océanos, la mer qui entourait le Monde. La méduse était la plus connue des gorgones et la seule mortelle. Leur apparence était effroyable. Elles avaient des ailes d’or, des cheveux en serpents, des mains de bronze et d’énormes canines. Les gorgones étaient affreuses et quiconque osait les regarder était dès lors changé en pierre. 

“Persée, fils de Zeus et Danae, ayant accompli nombre d’exploits, fut chargé de tuer la Méduse. Athéna, la déesse, lui fournit un bouclier qui lui servit de miroir. Les nymphes lui donnèrent un casque qui le rendait invisible, une paire de sandales ailées et un sac pour y mettre la tête de la gorgone.

“Ainsi Persée put s’approcher de la Méduse et lui coupa la tête. Il s’en servit pour changer en pierre le monstre qui se proposait d’enlever Anfromède,  enchaînée à un rocher sur l’ordre de Poséidon. Il offrit ensuite son trophée, la tête de la gorgone, à Athéna qui s’en servait pour pétrifier ses ennemis”.

Ce mythe a été décrit par Ovide au livre IV des Métamorphoses, vers 765 à 803; ” Déjà Bacchus avait égayé les convives, animé les esprits, lorsque le fils de Danaé veut connaître les mœurs et les usages des peuples Céphéens. Lyncides le satisfait, et ajoute : “Maintenant, vaillant Persée, apprenez-nous par quels secours puissants, par quels prodiges vous avez pu trancher cette tête hérissée de serpents”.

“Sous les flancs du froid Atlas, dit le héros, il est un lieu que d’affreux et longs rochers rendent inaccessible. L’entrée en est habitée par les deux filles de Phorcus, à qui les Destins n’ont accordé qu’un œil, qu’elles se prêtent tour à tour. Tandis que l’une le remettait à l’autre, je substitue furtivement ma main à la main qui l’allait prendre, et je m’en saisis. Alors je marche par des sentiers entrecoupés; je franchis des rochers escarpés, d’horribles forêts, et j’arrive au palais des Gorgones. J’avais aperçu partout, dans les champs, et sur mon chemin, des hommes devenus statues, et divers animaux transformés en pierres par l’aspect de Méduse. Ce visage hideux, je ne l’avais vu moi-même que réfléchi sur l’airain de mon bouclier; et tandis que le sommeil versait ses pavots sur le monstre et sur ses couleuvres, je tranchai sa tête. Soudain Pégase, cheval ailé, et son frère Chrysaor, naquirent du sang que la Gorgone avait répandu.

“Persée leur apprend ensuite les dangers qui l’ont menacé dans ses voyages; il leur dit quelles mers, quelles terres il a vues du haut des airs; vers quels astres ses ailes l’ont emporté. Il se tait enfin, on l’écoutait encore. Un des convives demande d’où vient que, seule de ses sœurs, Méduse avait sur sa tête des cheveux hérissés de serpents.

“Le petit-fils d’Acrisius reprend : Ce que vous demandez mérite d’être raconté. Apprenez que Méduse brillait jadis de tout l’éclat de la beauté; qu’elle fut l’objet des vœux empressés de mille amants. J’ai connu des personnes qui l’ont vue, et qui rendent ce témoignage. On dit que le dieu des mers fut épris de ses charmes, et osa profaner avec elle le temple de Pallas. La déesse rougit, détourna ses yeux modestes, et les cacha sous son égide. Pour venger ses autels souillés, elle changea les cheveux de Méduse en serpents. Maintenant même, la fille de Jupiter, pour imprimer la crainte, porte sur la terrible égide qui couvre son sein la tête de la Gorgone et ses serpents affreux“.

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[i]  Site Mythologies.ca, article sur les trois Gorgones.

[ii] Ovide – Les Métamorphoses – Livre IV  Traduction (légèrement adaptée) de G.T. Villenave, Paris, 1806.

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