Saint François prophétisant un fils à Louise de Savoie

 

Saint François de Paule prophétisant un fils - le futur François Ier - à Louise de Savoie, épouse de Charles d'Angoulême. Théodore Van Thulden. XVIIe

Saint François de Paule prophétisant un fils – le futur François Ier –
à Louise de Savoie, épouse de Charles d’Angoulême.
Théodoor Van Thulden. XVIIe Le Louvre 

Ce tableau du Louvre, fait partie, très probablement, selon la notice rédigée par Adeline Collange, d’une série consacrée à Saint François de Paule (1416-1507) probablement commandée au peintre flamand Theodoor van Thulden (1606-1669), un élève de Rubens, par un couvent de l’Ordre des Minimes, en France.

Le père ermite apparaît assis,  à la gauche de Louise de Savoie, couchée, pour lui prédire un fils, qui deviendrait roi. Il y a un personnage assis par terre, près de la fenêtre, dans lequel la notice croit reconnaître le comte Charles d’Angoulême.

On peut mettre en doute cette dernière affirmation car le comte, de dix-huit ans plus âgé que Louise de Savoie, devrait apparaître soit assis à côté du lit, soit debout, mais certainement pas agenouillé. D’autant que le sujet de l’oeuvre est bien celui du saint, prophétisant. Il est donc bien présent dans la pièce: il ne s’agit en aucune façon d’un miracle même si la prédiction est tout à fait miraculeuse. Il n’y a aucune raison pour que le comte d’Angoulême soit agenouillé. Ce n’est donc probablement pas l’époux de Louise de Savoie qui est ainsi représenté.

Est-ce alors le personnage assis à côté du lit qui ressemble à un vieil homme ? La prédiction se situe nécessairement avant la naissance de François 1er, soit au plus tard, en début d’année 1494. A cette date, Charles d’Angoulême, né en 1459, a tout au plus trente cinq ans et Louise de  Savoie, née en 1476, dix-huit ans. Difficile d’imaginer le comte d’Angoulême dans la position du vieil homme assis àcôté du lit. Ce vieil homme est, de façon beaucoup plus crédible, Saint François de Paule, lui-même, âgé de soixante-dix-huit ans à la même époque.

Le sujet représenté est, à l’évidence, symbolique, les commanditaires de l’oeuvre étant fort peu intéressés par la qualité historique de la représentation. Car le prophète ne s’est jamais déplacé lui-même à Cognac, où résidait la petite cour d’Angoulême. Tout le tableau a donc été organisé pour mettre en scène le caractère miraculeux de la prédiction.

Un cycle maniériste

Plusieurs tableaux et dessins auraient fait partie du même projet, dont le tableau “Saint François de Paule guérissant Jean Caratello” et “des dessins préparatoires dispersés dans des collections publiques ou privées. Les tableaux portent tous la marque d’un cadre cintré, ce qui prouve que l’ensemble était sans doute encastré dans des boiseries“, nous dit la notice.

Saint François de Paule guérissant Jean Catarello. Théodore Van Thulden. XVIIe Le Louvre

Saint François de Paule guérissant Jean Catarello.
Théodoor Van Thulden. XVIIe Le Louvre

La notice ajoute que Theodoor van Thulden, originaire de Bois-le-Duc, fut l’élève puis le collaborateur de Rubens dans son atelier d’Anvers. On retrouve le sens du baroque de Rubens dans  dans le luxe coloré du décor. Cependant certains détails,  la finesse et la déformation des mains des personnages, notamment, sont très maniéristes. L’oeuvre, pourtant datée des environs de 1640, poursuit Adeline Collange, est encore très marquée par l’influence maniériste des décors de Primatice et de Niccolò dell’Abate du château de Fontainebleau, que le peintre avait copiés lors de son séjour parisien entre 1631 et 1633.

 

Pour en savoir davantage sur Saint François de Paule, voir l’article sur ce Blog.

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